Ils étaient destinés à un avenir lointain, ils y sont arrivés!

L’équipe du CSEM a développé un mécanisme d’une précision toute horlogère, appelé le Slitmask ...
Ils étaient destinés à un avenir lointain, ils y sont arrivés!

Keck d'Hawaï Copyright: W.M. Keck Observatory

Une équipe de chercheurs du Centre suisse d’électronique et de microtechnique, emmenée par le chef du projet Peter Spanoudakis, a contribué à révolutionner le monde de l’astronomie. L’équipe du CSEM a en effet développé un mécanisme d’une précision toute horlogère, appelé le Slitmask, le masque à fentes en français. Il a été installé au début de l’année sur l’un des deux télescopes de l’observatoire Keck à Hawaï, perché à 4'145 mètres d’altitude. But : observer la formation des galaxies, de manière plus fiable, plus rapide, et moins onéreuse.

Pour comprendre l’utilité de ce masque il faut savoir que l’observation des galaxies n’est pas forcément chose aisée. Les astronomes peuvent procéder à des observations à l’infrarouge ou visibles à l’œil nu.

 

Le temps c'est de l'argent

Lors d’une observation à l’infrarouge, les astronomes ont la possibilité d’utiliser une technique qui consiste à percer des plaques, en fonction de ce qu’ils veulent voir dans le ciel. Ils arrivent ainsi à isoler les étoiles qu’ils souhaitent analyser. Mais il y a des risques : si les trous ne sont pas précis par exemple, l’étoile ne pourra pas être vue comme il faut.

De plus, chaque plaque doit être percée puis insérée dans le télescope. Si elle n’est pas refroidie suffisamment, c’est-à-dire à  -150°, l’appareil d’observation se réchauffe, ce qui altère la qualité d’observation.

Percer les plaques, les refroidir : tout cela prend du temps. Et le temps c’est de l’argent ! Si l’on sait qu’un astronome a 10 heures par nuit pour faire son travail, le système des plaques optique n’est donc pas optimal…

C’est là qu’interviennent les Neuchâtelois du CSEM.

Avec leur procédé, exit les plaques percées, place au Slitmask, développé par nos chercheurs.

Ce masque est composé de 92 barres qui se déplacent sans jamais se toucher. Il mesure environ 1m20 et pèse 45 kilos. L’astronome sélectionne grâce à un programme informatique les étoiles qu’il veut observer. Les barres se positionnent ensuite et laissent entrevoir les petits trous nécessaires (comme le faisait le système des plaques percées). La configuration prend environ 5 minutes !

 

Quatre millions de budget

Le Slitmask a été intégré à un appareil appelé MOSFIRE, un instrument qui permet de mesurer le rayonnement infrarouge des étoiles. Ce dernier est ensuite venu se greffer sur le téléscope numéro 1 de l’observatoire Keck.

Selon l’équipe du CSEM, le Slitmask n’a pas besoin de service après-vente. Après une phase-test de deux ans en Californie, il devrait s’écouler 10 ans sans aucun pépin.

Les retombées de ce produit sont énormes pour le CSEM, mais pas seulement.

Concernant l’aspect financier, sur un budget de 4 millions de francs, 20% ont été redistribués à des entreprises de tout l’Arc jurassien qui ont fabriqué plusieurs pièces du Slitmask. Une aubaine pour elles, puisqu’elles rayonnent désormais outre-Atlantique.

Quant au Centre suisse d’électronique et de microtechnique, sa réputation n’est plus à faire. Avec ce masque, il est définitivement dans les bons papiers des plus grands astronomes. Il est aussi assuré de collaborer avec de grandes universités américaines. Un second Slitmask a d’ailleurs été commandé. Il est en préparation. /abo


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