Le MEN invite le Japon en 2014

Cent-cinquante ans de relations entre la Suisse et le Japon. En 2014, le Musée d’ethnographie ...
Le MEN invite le Japon en 2014

Aimé Humbert rassemble en 1864 au Japon les éléments iconographiques qui aboutissent à la publication de l'ouvrage Le Japon illustré. Aimé Humbert rassemble en 1864 au Japon les éléments iconographiques qui aboutissent à la publication de l'ouvrage Le Japon illustré.

Cent- inquante ans de relations entre la Suisse et le Japon. En 2014, le Musée d’ethnographie de Neuchâtel veut célébrer la signature d’un Traité d’amitié et de commerce entre la Suisse et le Japon. Et valoriser le fonds iconographique rassemblé par le Neuchâtelois Aimé Humbert lors de la signature de l’acte le 6 février 1864.

Cet ancien conseiller d’Etat puis conseiller aux Etats devenu président de l’Union horlogère revient de Tokyo, non seulement avec une signature qui ouvre le marché japonais à l’industrie d’exportation suisse, mais aussi avec plus de 2'500 photographies, estampes, peintures et gravures qui illustrent la vie quotidienne des Japonais dans les années 1860.

 

Réfléchir à l'histoire de deux pays

Aimé Humbert en tire Le Japon illustré paru aux éditions Hachette en 1870 et illustré par des gravures inspirées des éléments qu’il a rassemblés. L’ouvrage témoigne du regard porté par les Occidentaux sur un pays qu’ils découvrent alors à peine et rend compte de la manière dont les Japonais se représentaient eux-mêmes à l’époque.

Avec la célébration des 150 ans de la signature du traité, l’objectif du MEN est de réfléchir à l’histoire des rapports entre la Suisse et le Japon et à la façon dont un individu peut devenir médiateur entre deux sociétés.

Cortège de Daïmos. Estampes. Cortège de Daïmos. Estampes.

Valorisation du fonds, digitalisation des éléments, documentation, ressources humaines, déplacements au Japon : le projet complet du MEN est budgété à 1,5 million de francs. Son conservateur, Marc-Olivier Gonseth, estime à l’heure actuelle pouvoir disposer d’environ 600'000 francs. Une somme qui correspond à ce que le musée investit normalement pour une exposition, en comptant la participation de Memoriav (l’association pour la préservation de l’héritage audiovisuel suisse) et les appuis cantonaux obtenus par les milieux culturels.

Le musée neuchâtelois entre actuellement dans la phase de récolte de fonds auprès de services publics, d’institutions privées, dans les domaines bancaires et horlogers, et de musées et partenaires japonais. Une équipe de collaborateurs du musée neuchâtelois se trouvent au Japon pour travailler sur l’identification et la documentation des éléments du fonds iconographique. Des étudiants de l’Université de Neuchâtel préparent un séminaire sur la personnalité et le travail d’Aimé Humbert.

Le Edo-Tokyo Museum et The Yokohama Archives of History se profilent pour accueillir ultérieurement tout ou partie de l’exposition du MEN.

Le fonds possédé par le MEN depuis 1950 constitue environ deux tiers des éléments iconographiques rassemblés par Aimé Humbert. Il comprend 141 clichés réalisés par le photographe anglo-italien Felice Beato, des estampes, peintures, aquarelles et gravures.  

 

Respecter le scénario neuchtelois

Le musée ne sait pas encore comment sera scénarisée l’exposition en 2014. Photographies et documents en 2D devront sans doute être adaptés à la ligne muséographique du MEN qui joue beaucoup sur la 3D par exemple. Marc-Olivier Gonseth espère que les deux musées japonais intéressés à participer au projet, moins tournés vers l’art contemporain que le MEN,  accepteront de présenter l’exposition dans leurs murs en respectant le scénario neuchâtelois.

Une publication suivra l’exposition. L’ouvrage se concentrera sur le travail historique d’Aimé Humbert et la construction de regards croisés sur le Japon à travers des images et des recherches occidentales et orientales sur le pays. /aes

Le shogun et sa cour. Fragment de makimono. Le shogun et sa cour. Fragment de makimono.


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