Vladimir Poutine continue de souffler le chaud et le froid

Vladimir Poutine a nié mardi l'implication russe en Ukraine et dénoncé un "coup d'Etat" contre le "seul président légitime": Viktor Ianoukovitch. Parallèlement, des contacts sont engagés entre le nouveau pouvoir à Kiev et les autorités russes, sous le regard circonspect de Washington.

Le chef de l'Etat russe a estimé que l'envoi de troupes n'était "pas nécessaire pour le moment". Mais le président américain Barack Obama a mis en doute la bonne foi de M. Poutine affirmant que ses déclarations "ne trompent personne".

En fait, M. Poutine n'a pas entièrement écarté l'envoi de troupes en Ukraine. "Cette possibilité existe", a-t-il dit, en précisant que la Russie se réservait le droit de recourir à "tous les moyens" pour protéger ses citoyens dans cette ex-république soviétique, notamment en Crimée où la population est composée à 60% de citoyens russes.

Pour la première fois, les forces russes qui encerclent la base aérienne ukrainienne de Belbek, en Crimée, ont tiré mardi des coups de semonce sur des militaires ukrainiens qui tentaient de s'approcher. Mais la tension est ensuite retombée.

Occidentaux mis en cause

Vladimir Poutine s'est longuement expliqué mardi. Il a nié que des forces russes opéraient en Crimée, affirmant que ce sont des "forces locales d'auto-défense" qui bloquent les bases ukrainiennes.

Il a répété qu'il n'y a "qu'un seul président légitime", Viktor Ianoukovitch. "Il s'agit d'un coup d'Etat anticonstitutionnel, d'une prise de pouvoir par les armes", a-t-il martelé, accusant les Occidentaux d'avoir eu recours à des "entraîneurs" pour former les "unités de combat", en référence aux contestataires ukrainiens.

Premiers contacts

De timides premiers contacts ont parallèlement eu lieu entre les membres du nouveau gouvernement ukrainien et leurs homologues russes, selon Arseni Iatseniouk, Premier ministre ukrainien.

Par ailleurs, le pouvoir actuellement en place à Kiev a indiqué que des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), que préside la Suisse, allaient se rendre en Crimée "pour y suivre la situation".

Presssions économiques

Moscou a également décidé d'utiliser l'arme économique contre Kiev en mettant fin, dès le mois prochain, au rabais accordé par le groupe Gazprom sur le gaz vendu à l'Ukraine. L'UE pour sa part s'engage à aider Kiev à régler sa dette de deux milliards de dollars pour ses achats de gaz russe.

/ATS


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