Abbas signe la demande d'adhésion à la Cour pénale internationale

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, a signé mercredi une demande d'adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), au lendemain du rejet d'une résolution palestinienne à l'ONU. Du côté d'Israël, les adhérents du Likoud votaient pour désigner leur dirigeant pour les législatives du 17 mars.

La signature de la demande d'adhésion palestinienne s'est faite au cours d'une réunion retransmise en direct à la télévision officielle.

Outre cette demande, qui permettrait de poursuivre des responsables israéliens devant la justice internationale, M. Abbas a signé 20 autres conventions internationales portant notamment sur les "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité".

Les Palestiniens entendaient initialement faire adopter par le Conseil de sécurité une résolution qui aurait donné un an pour aboutir à un règlement du conflit avec Israël, puis deux ans au maximum à ce pays pour se retirer des territoires qu'il occupe depuis 1967. Le texte a été rejeté dans la nuit.

Exécution d'une menace

Le président Mahmoud Abbas entend à présent mettre à exécution une menace ancienne: l'adhésion à la CPI, la cour siégeant à La Haye créée pour poursuivre les crimes les plus graves comme des génocides, crimes contre l'humanité, crimes de guerre.

L'appartenance à la CPI permettrait aux Palestiniens d'engager des poursuites pour "crimes de guerre" contre des dirigeants israéliens, par exemple pour la guerre de juillet-août à Gaza, une démarche à laquelle s'opposent fermement Israël et son allié américain.

Après une telle adhésion et son échec à l'ONU, l'Autorité palestinienne n'aura quasiment plus qu'une carte à abattre: la rupture de la coopération sécuritaire avec Israël qui pourrait signifier la dissolution de cette institution.

A une voix près

Les Palestiniens ont essuyé un échec, après quatre mois d'efforts. Ceux-ci n'ayant obtenu que huit voix sur 15 (sur les neuf votes nécessaires), les Etats-Unis n'ont même pas eu à utiliser leur veto.

Ce veto, un symbole sur lequel M. Abbas entendait capitaliser, notamment après l'échec d'un énième round de négociations sous l'égide des Etats-Unis, leur a échappé à une voix près: celle du Nigeria qui s'est abstenu alors qu'il s'était engagé, assurent les Palestiniens, à voter le texte.

/ATS


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