Une commission spéciale du Sénat propose l'éviction de Berlusconi

La commission sénatoriale chargée de statuer sur l'éviction de Silvio Berlusconi du Sénat italien a recommandé vendredi qu'il soit déchu de son mandat. La réunion de la commission conclut une semaine calamiteuse pour le "Cavaliere".

"Ayant pris acte des arguments des parties, la commission a décidé à la majorité de proposer à l'assemblée d'invalider l'élection" de Silvio Berlusconi, a annoncé le président de cette commission spéciale du Sénat, Dario Stefano.

Compte tenu de la composition de la commission - une majorité de sénateurs de gauche - cette décision était attendue après la condamnation de l'ex-chef du gouvernement le 1er août. Il avait écopé de quatre ans de prison pour fraude fiscale, peine ramenée à un an en raison d'une amnistie dans le procès Mediaset.

La recommandation de la commission doit maintenant être approuvée par le Sénat en séance plénière, sans doute avant la fin du mois. La décision de la chambre haute -où le Peuple de la liberté (PDL), le parti de Berlusconi est minoritaire- devrait intervenir dans les trois prochaines semaines.

Semaine noire

Pour Silvio Berlusconi, sa condamnation et sa possible exclusion du Sénat sont "le résultat d'un plan bien fomenté pour écarter le chef du centre droit". "C'est un verdict politique, qui ne se fonde sur absolument rien", a-t-il affirmé.

Cette annonce conclut une semaine calamiteuse pour le "Cavaliere", contraint à un revirement humiliant mercredi, lorsqu'il a finalement accepté de voter la confiance au gouvernement dirigé par Enrico Letta (centre gauche). Dans un premier temps, il avait prôné des législatives anticipées.

Immunité parlementaire

Il s'est aussi heurté à une fronde : son bras droit, Angelino Alfano, a appelé les élus PDL à voter la confiance, et 25 sénateurs se sont dits prêts à rompre avec le PDL pour former un groupe distinct.

S'il est exclu du Sénat, Silvio Berlusconi pourra continuer, hors du Parlement, à diriger le centre droit, du moins l'aile qui lui reste fidèle. Il ne pourrait pas bénéficier de l'immunité parlementaire dans la mesure où d'autres ennuis judiciaires le guettent.

/SERVICE


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