Un australopithèque sud-africain pourrait être notre ancêtre

Petit "homme singe" sud-africain, Little Foot, fossile d'australopithèque le plus complet jamais découvert, est de retour dans la course au titre d'ancêtre des premiers hommes, ont annoncé vendredi des scientifiques français et sud-africains.

Après treize années de recherches acharnées, ils assurent avoir établi que ce préhumain velu, d'à peine plus d'un mètre de haut, vivait bien il y a trois millions d'années, à peu près au même moment que Lucy, sa célèbre cousine éthiopienne découverte en 1974.

Little Foot est presque un million d'années plus vieux que ne l'affirmait en 2006 une équipe d'archéologues concurrente (2,2 millions d'années).

Agile sur terre et dans les arbres

"Tout l'enjeu se situe ici. L'Homo habilis apparaît il y a environ 2,5 millions d'années. Si Little Foot a 2,2 millions d'années, en aucun cas il ne peut être notre ancêtre puisqu'Homo habilis existe déjà à l'époque", a expliqué Laurent Bruxelles, spécialiste de l'archéologie des roches et des paysages.

Avec une datation à 3 millions d'années, "on remet Little Foot et l'Afrique du Sud en général dans la course", résume le scientifique, principal auteur de l'étude publiée vendredi dans la revue "Journal of Human Evolution".

Agile sur terre comme dans les arbres, Little Foot a pourtant fait une chute mortelle de 20 mètres au fond d'un gouffre à Sterkfontein, près de Johannesbourg. L'australopithèque y est demeuré trois millions d'années durant, conservé par une gangue de calcaire.

Alors qu'il est relativement aisé de donner un âge à Lucy et ses congénères d'Afrique de l'Est grâce aux cendres volcaniques qui les enveloppent, la grotte de Sterkfontein est un casse-tête géologique. Des effondrements ont succédé aux inondations, sans parler des dynamitages des mineurs qui en exploitaient le calcaire.

Modélisation en 3D

Pendant sept ans, M. Bruxelles a exploré la grotte et son labyrinthe de galeries, la modélisant entièrement en 3D pour reconstituer son "histoire très compliquée" et comprendre son évolution.

Il a découvert que les deux couches de calcaire datées en 2006 "ne peuvent avoir l'âge du fossile". "La calcite est venue remplir un vide, une cavité dans la roche" sur laquelle elle est venue buter "bien après" que Little Foot y soit tombé, démontrent Laurent Bruxelles et ses collègues.

La datation était donc bonne, mais elle ne reflétait pas l'âge du fossile lui-même, que des nouvelles analyses actuellement en cours tentent d'affiner.

/ATS


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