Turquie: un projet pour améliorer la vie des mineurs après Soma

Le gouvernement turc a déposé vendredi au Parlement un projet de loi destiné à améliorer les conditions de travail des mineurs, a-t-on appris de source parlementaire. Ankara est sous le feu des critiques après la récente catastrophe minière de Soma, qui a fait 301 morts.

Défendu par le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, ce texte prévoit notamment de limiter à 30 heures le temps de travail hebdomadaire des mineurs, contre 48 heures actuellement, de multiplier leurs primes et de faire passer l'âge légal de leur départ à la retraite de 55 à 50 ans.

Sécurité renforcée

Le projet impose également aux compagnies minières un renforcement des mesures de sécurité de leurs installations. Des défaillances avaient été pointées du doigt après le drame survenu le 13 mai dernier dans la mine de charbon de Soma, dans l'ouest de la Turquie.

Ainsi, selon le projet, les exploitations devront désormais être obligatoirement équipées de chambres de sécurité. Elles n'étaient pas opérationnelles à Soma. En outre, les mineurs devront être dotés de masques à gaz performants pour se protéger des émanations toxiques. Elles avaient provoqué la plupart des décès dans la mine accidentée.

Le texte soumis aux députés encourage enfin les compagnies à privilégier les nouvelles technologies d'extraction comme les robots.

Colère et émotion

Le drame de Soma a provoqué un vif émoi en Turquie et suscité la colère d'une partie de la population contre l'entreprise exploitante. Celle-ci avait été dénoncée pour avoir privilégié la rentabilité au détriment de la sécurité de ses employés.

Cet accident a aussi relancé la contestation contre le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, accusé de négligences. Huit responsables et cadres de l'entreprise Soma Kömür Isletmeleri ont été inculpés d'homicides involontaires et écroués par la justice.

Quelque 80 morts par an

La Turquie détient le record européen du nombre d'accidents dans les mines. Chaque année, une moyenne de 80 mineurs y perdent la vie, souvent en raison des mauvaises conditions de sécurité.

/ATS


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