Tunisie: Ennahda refuse la formation d'un gouvernement neutre

Le parti islamiste tunisien Ennahda a rejeté jeudi une demande de l'opposition en vue de la formation d'un gouvernement non partisan pour sortir le pays précurseur des "printemps arabes" de la crise politique. Il a également invité l'opposition à ne pas se livrer à des spéculations sur un coup d'Etat militaire à l'égyptienne.

Jugeant qu'un gouvernement apolitique n'aiderait pas la Tunisie à sortir d'une "situation délicate", le président d'Ennahda, Rached Ghannouchi, s'est dit ouvert à la constitution d'un gouvernement d'union nationale, mais à condition que tous les partis y soient représentés.

"Ce qui se passe actuellement en Egypte devrait nous inciter à aller dans le sens du dialogue", a dit le chef de file d'Ennahda.

Le président d'Ennahda a admis que le gouvernement de transition dominé par sa formation n'avait pas réussi notamment à améliorer la situation économique. "Nous avons commis des erreurs mais cela ne mérite pas un coup d'Etat", a-t-il fait valoir.

Critique par l'opposition

Mercredi, le secrétaire général d'Ennahda, Hamadi Djebali, s'était dit favorable à la constitution d'un gouvernement constitué de technocrates.

L'un des dirigeants du Front de salut national (FSN, qui regroupe une dizaine de formations de l'opposition), Jilani Hammami, a estimé que le refus opposé par Rached Ghannouchi annonce "une lutte de pouvoir avec l'opposition". "Nous n'accepterons que la dissolution du gouvernement. Nous allons accentuer la pression dans tout le pays et lancer une campagne pour obtenir le départ du pouvoir des islamistes", a-t-il également ajouté.

De son côté, le secrétaire général adjoint de la puissante centrale syndicale UGTT, Sami Tahri, a dit que la position de Rached Ghannouchi allait "contre la volonté d'une large partie de la population".

Appel de l'Allemagne

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, premier responsable européen important à se rendre en Tunisie depuis le début de la crise il y a trois semaines, a lancé un appel au dialogue.

"La Tunisie n'est pas l'Egypte", a-t-il dit après avoir été reçu par le Premier ministre tunisien, Ali Larayedh. "La Tunisie est sur la voie du changement et ce qui se passe en Egypte ne doit pas se produire en Tunisie".

/SERVICE


Actualisé le

 

Actualités suivantes