Test raté pour la normalisation des relations Pristina-Belgrade

Le Kosovo a voté dimanche pour renouveler les assemblées municipales. Ce scrutin a été marqué par des incidents entre Serbes qui ont conduit à interrompre le vote à Mitrovica (nord), région où les Serbes sont majoritaires.

Dans la partie nord de Kosovska Mitrovica, plusieurs extrémistes encagoulés ont pénétré dans un bureau de vote en fin d'après-midi, ont agressé le personnel et des électeurs et ont détruit les urnes avant de s'enfuir. Un candidat à la mairie de Mitrovica, Krstimir Pantic, a dit à la presse qu'une femme avait été sérieusement blessée dans cet incident.

Un autre candidat, Oliver Ivanovic, a dit aux journalistes que des incidents similaires ont eu lieu simultanément dans d'autres bureaux de vote. "Il est clair que les élections à Mitrovica nord ont échoué et qu'elles seront sans doute proclamées non valides", a-t-il estimé.

Suite à ces incidents, le porte-parole de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Nikola Gaon, a indiqué que cette institution - chargée d'aider au bon déroulement du scrutin -, avait retiré son personnel de Mitrovica pour des raisons de sécurité.

Scrutin test

Ce scrutin constituait un test pour la mise en oeuvre de l'accord de normalisation des relations entre Belgrade et Pristina, et il a été observé de près par l'Union européenne.

Le principal enjeu était la participation notamment des Serbes du nord du territoire, qui jusqu'à présent ont toujours rejeté l'autorité kosovare, car ils ne reconnaissent pas, tout comme Belgrade, l'indépendance proclamée en 2008.

Appel à voter

Belgrade a exhorté les quelque 40'000 Serbes vivant dans le nord du Kosovo, région où ils sont majoritaires et où Pristina n'exerce pratiquement aucun contrôle, à prendre part au vote. Mais son appel avait eu peu d'écho: quatre heures avant la fin du vote, le taux de participation ne dépassait pas les 13%.

La Serbie a encouragé pour la première fois la participation de la communauté serbe car le bon déroulement du vote est une condition à la poursuite de son rapprochement avec Bruxelles.

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