Russie: la cour suprême réduit la peine de Mikhaïl Khodorkovski

La cour suprême russe a réduit en dernière instance de deux mois la peine de 11 ans de prison de Mikhaïl Khodorkovski, l'ex-patron du pétrolier Ioukos. L'homme, contradicteur du Kremlin, est incarcéré depuis 2003.

Mikhaïl Khodorkovski s'est livré mardi lors de l'audience à une violente diatribe contre les procès "honteux" et politiquement motivés en Russie.

Profitant de ce nouveau procès, M. Khodorkovski a violemment critiqué l'utilisation des forces de l'ordre russes pour lutter contre les opposants du régime.

"Depuis l'affaire Ioukos, le parquet et le comité d'enquête sont devenus avec la télévision les principaux instruments de la politique intérieure", a-t-il lancé.

Escroquerie et fraude fiscale

Sa défense a demandé à la cour suprême d'annuler les précédentes décisions de justice comme "infondées et illégales" et de le "libérer immédiatement".

L'ancien dirigeant du géant pétrolier russe Ioukos, et son associé Platon Lebedev, détenus depuis 2003, avaient été condamnés, en 2005, pour escroquerie et fraude fiscale à huit ans de camp.

Cette peine a été portée à 14 ans en décembre 2010 à l'issue d'un second procès pour vol de pétrole et blanchiment de 23,5 milliards de dollars, un total ensuite réduit de deux ans en appel, ce qui devait les maintenir en détention jusqu'en 2014.

Victoire symbolique

A la fin juillet, l'ex-magnat du pétrole a remporté une victoire symbolique contre Moscou à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), son premier procès ayant été jugé "inéquitable" par les juges de Strasbourg. La CEDH n'a toutefois pas reconnu la motivation politique de cette condamnation.

Avant son arrestation, M. Khodorkovski, outre un lobbying intense des intérêts de Ioukos au Parlement, finançait l'opposition russe et une puissante fondation dédiée au développement de la société civile.

Ses ennuis judiciaires avaient coïncidé avec la volonté affichée par Vladimir Poutine, arrivé au pouvoir en 2000, de mettre au pas les "oligarques" très influents au Kremlin dans les dernières années de la présidence de son prédécesseur Boris Eltsine.

/SERVICE


Actualisé le

 

Actualités suivantes