Rupture consommée entre Berlusconi et son ancien dauphin

La rupture entre Silvio Berlusconi et son ancien dauphin Angelino Alfano a été entérinée samedi. Le Cavaliere avait tenté in extremis d'éviter une scission entre "loyalistes" et "rénovateurs" pour relancer sa formation Forza Italia.

M. Alfano a lui annoncé que les cinq ministres de centre-droit, dont lui-même, allaient rester au gouvernement d'Enrico Letta.

"Tu quoque fili" (toi aussi, mon fils): à la manière de César reconnaissant Brutus, qu'il considérait comme un fils, parmi ses assassins, le Cavaliere a adopté un ton mélodramatique samedi lors d'un conseil national du Peuple de la Liberté (PDL) organisé pour célébrer la renaissance de Forza Italia, le parti avec lequel il avait gagné ses premières élections en 1994.

Même s'il n'a pas cité son nom, l'ex-chef de gouvernement a fait part de sa "douleur" après la décision de M. Alfano et des "rénovateurs" de ne pas participer à ce qui devait être une fête, et a avoué "n'en avoir pas dormi de la nuit".

"Choix très amer"

M. Alfano, un avocat sicilien de 43 ans qui a fait toute sa carrière à l'ombre du Cavaliere a acté vendredi soir son "divorce" d'avec son mentor, entraînant dans son sillage plus de 50 parlementaires (sur environ 200) qui formeront des groupes autonomes sous l'étiquette "Nouveau centre droit" (NCD).

Lors d'une conférence de presse, M. Alfano, vice-Premier ministre dans le gouvernement gauche-droite d'Enrico Letta, a justifié un "choix très amer, douloureux mais juste", annonçant le ralliement de nombreux élus locaux à son mouvement, dont une "convention" nationale actera la naissance "dans les prochaines semaines".

Depuis le 3 octobre

Le parti de Berlusconi était en proie à de graves divisions depuis le 3 octobre quand, de façon inédite, une bonne portion du mouvement emmenée par M. Alfano avait refusé de suivre les consignes de vote du Cavaliere pour faire chuter le gouvernement au parlement.

Les divisions entre le camp des "colombes" favorables à la poursuite de l'action gouvernementale, et des "faucons" réclamant un retour aux urnes, n'avaient fait que s'aggraver depuis.

/ATS


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