Référendum en Crimée: "une nouvelle ère" selon Serguiï Axionov

"C'est un moment historique, tout le monde sera heureux", a lancé dimanche le "Premier ministre" pro-russe de Crimée Serguiï Axionov après avoir glissé son bulletin dans l'urne à Simféropol. Les électeurs de la péninsule ukrainienne doivent s'exprimer sur leur rattachement à la Russie lors d'un scrutin dénoncé par le monde entier mais soutenu par Moscou.

"Nous allons célébrer ce soir", a affirmé M. Axionov, sûr de sa victoire. Le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a lui appelé dans la nuit au boycott du vote. Il a dénoncé dans un communiqué un "prétendu référendum que le pseudo-pouvoir fantoche de la Crimée organise sous le contrôle des troupes russes".

Dès l'ouverture du scrutin, de nombreuses personnes âgées sont venues voter. "Tout sera plus facile. Je suis complètement pour la Russie", a déclaré Raïssa, une Russe de 77 ans, s'appuyant sur sa canne à Simféropol.

A Sébastopol, qui abrite la flotte russe de la mer Noire depuis plus de 200 ans, Aleftina Klimova, née en Russie, a eu du mal à dormir. "Je m'attendais à ce que les Etats-Unis, la France, eux tous, soient contre. Je craignais pour (le président russe Vladimir) Poutine. Mais il a su résister. Je n'ai pas dormi de la nuit, j'ai attendu ce moment et tout va comme je le voulais", a-t-elle poursuivi.

Les Tatars s'abstiennent

A Bakhtchissaraï, principale ville de la communauté musulmane tatare de Crimée, dont les chefs avaient appelé au boycott du scrutin, les reporters ont remarqué que seuls les Ukrainiens d'origine russe venaient voter.

La question posée donne aux électeurs de Crimée le choix entre "la réunification avec la Russie comme membre de la Fédération de Russie" ou le retour à un statut, datant de 1992 et jamais appliqué, d'autonomie élargie vis-à-vis de Kiev.

Des résultats provisoires sont attendus dans la soirée et le décompte final devrait être annoncé lundi ou mardi.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a insisté lors d'une conversation téléphonique samedi avec son homologue américain John Kerry sur le fait que ce référendum "respecte les lois internationales", ce que conteste la communauté internationale.

/ATS


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