Rebondissement dans le procès de Maurice Agnelet, en France

Trente-six ans après la disparition d'une riche héritière en France, le procès d'un ex-avocat soupçonné d'avoir tué la jeune femme, dont le corps n'a jamais été retrouvé, a rebondi spectaculairement lundi. Un des fils de l'accusé a fait une confession tardive à charge.

Jugé pour la troisième fois, Maurice Agnelet, 76 ans, a toujours clamé son innocence dans la disparition d'Agnès Le Roux, sa maîtresse alors âgée de 29 ans. Les faits étaient survenus le 30 octobre 1977 à Nice (sud-est).

Lundi, trois semaines après l'ouverture du procès à Rennes (ouest), l'un des fils de l'accusé, Guillaume Agnelet, 45 ans, a affirmé à la cour que sa mère, Anne Litas, lui avait clairement dit dans le passé que son père était responsable du décès d'Agnès Le Roux.

Lors de vacances en camping en Italie, Maurice Agnelet "aurait, pendant son sommeil, tiré sur Agnès puis hurlé pour demander du secours", a rapporté Guillaume Agnelet, citant sa mère.

Discussion avec Anne Litas

Pourquoi cette déclaration "maintenant"?, lui a demandé le président de la cour d'assises. "Si je ne faisais pas ça maintenant, j'aurais eu des regrets jusqu'à la fin de ma vie", a répondu le témoin, en faisant part de son mal-être depuis ses 16 ans et en indiquant avoir voulu protéger sa famille.

Guillaume Agnelet a aussi affirmé que son père lui avait dit dans les années 1980, alors qu'il était adolescent, savoir où se trouvait le corps d'Agnès. Quelques années après, Anne Litas lui aurait fait d'autres confidences.

"Elle me dit: 'assieds-toi, je vais te parler de ton père'. Il me semble bien que ça a commencé par: 'ton père a tué Agnès'. Elle dit le tenir directement de lui", précise Guillaume Agnelet. Et le fils d'ajouter que dans un troisième temps, Maurice Agnelet lui aurait aussi dit qu'"il ne faudrait pas qu'ils retrouvent le corps".

Compte en Suisse

Après ces déclarations, la cour a ordonné lundi la mise en détention de Maurice Agnelet, en raison de "risques de fuite ou de pression". Son frère Thomas, qui était cité comme témoin par la défense, a affirmé lundi qu'il ne savait "rien des faits", allant jusqu'à qualifier son frère de "schizophrène".

La disparition d'Agnès Le Roux est intervenue après une vente de ses parts dans un casino familial au patron d'un casino concurrent. La somme, d'abord versée sur un compte commun aux deux amants, à Genève, s'est retrouvée après la disparition d'Agnès sur un compte au seul nom de Maurice Agnelet.

/ATS


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