Premier contact plutôt tendu entre le pape et François Hollande

Le président français François Hollande a rencontré vendredi matin au Vatican, pour la première fois, le pape François dans une atmosphère très formelle et raide, selon une journaliste. La nuit précédente, une bombe artisanale a explosé à Rome à proximité d'une église gérée par la France.

Quand les deux hommes se sont serré la main, ils semblaient tous deux graves et peu à l'aise, a constaté la journaliste. M. Hollande, apparemment impressionné par le pape, a esquissé un sourire. "Saint-Père, je suis très heureux d'être accueilli ici", a déclaré le président en serrant la main du pape dans la salle du Tronetto.

"Nous sommes habitués à ces contraintes", a ajouté M. Hollande, faisant apparemment allusion à la présence des journalistes et des photographes. Les deux hommes se sont ensuite assis face à face à une table, chacun conservant son sérieux, toujours sous les flashs. Le pape, souvent très aimable, n'a pas cherché à sourire, l'expression grave et tendue.

M. Hollande, grand défenseur d'une laïcité rigoureuse, devait évoquer avec le Saint-Père la résolution des crises internationales et le pape devait interroger le président français sur certaines évolutions de la société, notamment sur l'euthanasie et la fin de vie, que l'Eglise et une majorité de catholiques français critiquent.

Eglise française visée

Quelques heures avant cette rencontre, une bombe artisanale a explosé à Rome près d'une église gérée par la France, a-t-on appris auprès de l'ambassade de France au Saint-Siège. L'explosion de la bombe, vers 02h30 dans la nuit de jeudi à vendredi, n'a fait que des dégâts matériels, "brisant une vitrine d'un immeuble et endommageant trois voitures stationnées" dans le Vicolo della Campana, une petite rue du centre historique de Rome, a précisé la police.

"Aucun acte de revendication n'a été pour l'instant retrouvé ni transmis aux autorités", a-t-elle indiqué.

Dans cette très petite rue, "ne se trouvent que l'église Saint-Yves des Bretons, qui fait partie des pieux établissements de la France à Rome et Lorette, et un restaurant", a expliqué la secrétaire de l'ambassadeur de France au Vatican. Selon elle, "l'une des hypothèses envisagées est celle d'un acte lié à la visite du président français" au Vatican.

La bombe était en cours d'analyse vendredi matin par les artificiers des carabiniers de Rome, qui se sont rendus sur place.

/ATS


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