Nobel de la paix à l'organe de lutte contre les armes chimiques

Le prix Nobel de la paix 2013 a été attribué vendredi à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui supervise la destruction de l'arsenal chimique syrien. Ce choix marque un retour aux sources du prix, traditionnellement attribué à des acteurs du désarmement.

L'OIAC, qui a pour mission d'éliminer tous les arsenaux chimiques de la planète, s'est imposée face à l'adolescente pakistanaise Malala Yousafzai, qui faisait figure de grande favorite.

Le comité Nobel norvégien a saisi l'occasion pour enjoindre aux rares Etats réfractaires d'adhérer à la prohibition de ces armes dévastatrices. Il a invité les grandes puissances militaires, Etats-Unis et Russie en tête, à accélérer la destruction de leurs stocks, "en particulier quand ils demandent à d'autres, comme la Syrie, de le faire", selon son président Thorbjörn Jagland.

Un "événement historique"

"Nous avons maintenant l'occasion de nous débarrasser de toutes les catégories d'armes de destruction massive (...). Y parvenir serait un grand événement historique", a-t-il ajouté.

L'OIAC est sous les feux de l'actualité depuis qu'elle a été chargée par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, le 28 septembre, de superviser le démantèlement d'ici au 30 juin 2014 de l'imposant arsenal chimique du régime syrien de Bachar al-Assad.

Fondée en 1997 à La Haye, l'organisation est chargée de mettre en oeuvre la convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC), signée le 13 janvier 1993.

Succès de l'OIAC

Cette convention est un rare exemple de succès dans les efforts de désarmement mondial puisqu'elle rassemblera 190 pays avec l'adhésion annoncée de la Syrie. Seuls six Etats, parmi lesquels Israël et la Corée du Nord, ne l'ont pas signée ou ratifiée.

"Par essence, nous oeuvrons pour la paix. Et pas simplement pour la paix, mais aussi pour le renforcement des normes humanitaires", a déclaré Malik Ellahi, conseiller politique auprès du directeur général de l'OIAC.

L'organisation emploie un demi-millier de personnes et dispose d'un budget annuel de moins de 100 millions de dollars. "Je suis certain que cela va encourager nos équipes afin qu'elles démontrent plus encore ce qu'elles peuvent faire pour la paix et la sécurité mondiales", a réagi son directeur général, Ahmet Uzumcu.

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