Négation des crimes des Khmers rouges: grande manifestation

Environ 10'000 personnes ont manifesté dimanche à Phnom Penh au Cambodge contre un député de l'opposition accusé d'avoir remis en cause l'existence d'une sinistre prison du régime des Khmers rouges. Le parlement cambodgien vient pourtant de voter une loi punissant la négation de leurs crimes.

Les manifestants se sont rassemblés dans un parc de la capitale pour écouter des rescapés de la prison de Tuol Sleng ou S21, à Phnom Penh, dans laquelle 15'000 personnes ont été torturées avant d'être exécutées. Des milliers de Cambodgiens seraient par ailleurs descendus dans la rue dimanche à travers le pays.

Les manifestants ont ensuite défilé vers le siège du principal parti d'opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), dont le député incriminé est le numéro deux.

Dans un enregistrement publié le mois dernier sur un site du gouvernement, Kem Sokha affirmerait que la prison de Tuol Sleng a été mise en scène par les soldats vietnamiens après qu'ils eurent chassé les Khmers rouges du pouvoir.

Il prétend que ses propos ont été délibérément coupés et tronqués. Le CNRP a accusé le pouvoir de vouloir "créer des problèmes politiques" avant les législatives du 28 juillet.

Manifestation orchestrée?

"La manifestation a été orchestrée par le Parti populaire du Cambodge (PPC)" du Premier ministre qui dispose d'une écrasante majorité au parlement, a déclaré à l'AFP Yim Sovann, porte-parole du CNRP, en accusant le PPC d'avoir payé des Cambodgiens pour qu'ils manifestent.

Le parlement cambodgien a voté vendredi une loi controversée qui punit de deux ans de prison la négation des crimes des Khmers rouges, un dossier qui s'est imposé au coeur de la campagne électorale à moins de deux mois du scrutin. Selon le texte, "tout individu qui ne reconnaît pas, qui minimise ou qui nie" les crimes des Khmers rouges (1975-79) sera passible de deux ans de prison.

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