Les islamistes tunisiens font un pas pour sortir de la crise

Les islamistes au pouvoir en Tunisie ont accepté la suspension des travaux de la Constituante. Ils ont aussi appelé à un dialogue avec leurs adversaires pour aboutir à "un gouvernement d'union" après une manifestation d'envergure de l'opposition dans la nuit de mardi à mercredi.

Le parti Ennahda a indiqué qu'il se soumet à la décision du président de l'Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaafar. Cet allié laïque des islamistes a créé la surprise mardi soir en annonçant le gel des travaux de la Constituante jusqu'à l'ouverture de négociations avec les opposants au gouvernement.

"En dépit de nos réserves (...) sur cette initiative, nous espérons qu'elle servira de catalyseur pour que les adversaires politiques s'assoient à la table du dialogue", a déclaré mercredi le chef du mouvement, Rached Ghannouchi, cité dans un communiqué.

Ennahda se dit favorable "à la formation d'un gouvernement d'union nationale comprenant toutes les forces politiques convaincues de la nécessité d'achever le processus démocratique".

Le parti islamiste fixe un calendrier de reprise des travaux de l'Assemblée nationale constituante (ANC). Il souhaite que l'adoption de la Constitution et de la loi électorale se fasse "avant fin septembre 2013". Il réclame aussi "l'organisation d'élections avant la fin de l'année".

Foule dans la rue

La décision d'Ennahda survient quelques heures après la plus importante manifestation de l'opposition. Des dizaines de milliers de Tunisiens se sont réunis dans la nuit de mardi à mercredi dans la banlieue de Tunis pour réclamer le départ du gouvernement dirigé par les islamistes.

L'exécutif est jugé responsable de l'essor de la mouvance jihadiste. Celle-ci est accusée de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd le 6 février et du député Mohamed Brahmi le 25 juillet.

La manifestation était organisée par une coalition hétéroclite d'opposition sans programme politique commun clair, allant de l'extrême-gauche au centre-droit, et soutenue par les partenaires sociaux.

Les opposants ont refusé l'idée d'un gouvernement d'union dirigé par Ennahda. Ils militent pour un cabinet de technocrates, mais des désaccords existent aussi. Ainsi, la puissante centrale syndicale UGTT et le patronat Utica ne veulent pas d'une dissolution de l'ANC.

Jusqu'à présent le mouvement Ennahda, arguant de sa légitimité issue de l'élection de la Constituante en octobre 2011, proposait une coalition élargie, un scrutin le 17 décembre et évoquait un vague projet de référendum de sortie de crise.

/SERVICE


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