Le parlement turc adopte une réforme judiciaire controversée

Le parlement turc a adopté un projet de loi controversé destiné à renforcer le contrôle politique sur les nominations de magistrats. Le texte a été voté à l'initiative du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan qui se débat toujours en plein scandale politico-financier.

Avant le vote, le Premier ministre avait annoncé le gel des articles les plus controversés du texte réformant le Haut-conseil des juges et magistrats (HSYK), après plusieurs jours de vives tensions entre la majorité et ses adversaires.

Le débat avait notamment dégénéré à deux reprises en pugilat entre députés rivaux et des échanges houleux entre députés du parti au pouvoir et ceux de l'opposition ont encore été enregistrés samedi.

L'opposition a dénoncé ce projet qui donne le dernier mot au ministre de la Justice en matière de nomination de magistrats. Elle affirme qu'il est contraire à la Constitution et qu'il a pour seul but de permettre au gouvernement Erdogan d'étouffer les enquêtes qui le menacent. Pour entrer en vigueur, cette loi doit maintenant encore être signée par Recep Tayyip Erdogan lui-même.

La veille de ce vote, la justice turque a ordonné la remise en liberté de neuf suspects incarcérés dans le cadre du scandale de corruption qui éclabousse depuis deux mois le gouvernement.

Des dizaines de patrons, des hommes d'affaires, de hauts fonctionnaires et des élus proches du pouvoir ont été inculpés dans le cadre de ce scandale, qui a provoqué une onde de choc politique menaçant M. Erdogan et son gouvernement à la veille des élections municipales du 30 mars et de la présidentielle prévue en août.

/ATS


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