Le nouveau gouvernement tchèque obtient la confiance des députés

Le nouveau gouvernement de centre gauche tchèque du social-démocrate Bohuslav Sobotka, installé fin janvier, a obtenu sans surprise la confiance des députés. Son programme est axé sur la croissance et la création d'emplois en République tchèque, pays récemment sorti d'une longue récession.

Issu des législatives anticipées d'octobre, le gouvernement dispose du soutien de 111 des 200 députés. La coalition tripartite est composée des sociaux-démocrates (CSSD), du mouvement populiste ANO de l'homme d'affaires Andrej Babis, et des chrétiens-démocrates (KDU-CSL).

Sur les 181 députés présents, 110 ont apporté leur appui au gouvernement, au terme d'un débat de plus de douze heures. Les partis d'opposition de droite TOP 09 et ODS ont voté contre, les communistes (KSCM) se sont abstenus et les élus du parti populiste "L'aube de la démocratie directe" ont quitté la salle avant le vote.

"Notre objectif est d'encourager la croissance et la prospérité, mais aussi de tenir en bride les finances publiques" a déclaré M. Sobotka, à l'ouverture du débat. Le gouvernement s'est engagé à maintenir le déficit public sous les 3% du PIB, pendant son mandat de quatre ans.

Sérieux doutes

Le chef de l'ODS, Petr Fiala, a de son côté exprimé des doutes quant au futur financement des promesses du gouvernement dans le domaine social. Pour le député européen de ce parti eurosceptique, Jan Zahradil, la "politique européenne du gouvernement n'est pas assez responsable et fait prendre des risques à la République tchèque".

Le gouvernement, qui se dit pro-européen, doit se pencher prochainement sur l'adhésion de ce pays au pacte budgétaire européen, soutenu par tous les pays de l'UE à l'exception de la République tchèque et de la Grande-Bretagne. La République tchèque est membre de l'UE depuis 2004, mais pas de la zone euro.

Fin d'une crise

L'installation du gouvernement, plus de trois mois après les législatives, a mis fin à une longue crise politique engendrée par des scandales de corruption et de moeurs, qui a fait chuter en juin le gouvernement de centre droit de Petr Necas. Ex-chef de l'ODS, celui-ci a été inculpé de corruption et encourt jusqu'à six ans de prison.

Le nouveau gouvernement succède à celui intérimaire de l'économiste Jiri Rusnok, composé de ministres sans étiquette proches du président Milos Zeman et qui avait dirigé le pays depuis juillet sans obtenir la confiance du Parlement.

/ATS


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