Le conflit syrien déborde sur l'Est du Liban: au moins 80 morts

L'armée libanaise intervient contre des jihadistes près de sa frontière avec la Syrie. Plus de 80 personnes ont perdu la vie depuis samedi et 33 sont portées disparues. Ces violences sont la conséquence de la guerre opposant les rebelles sunnites aux forces du président syrien al-Assad.

Lundi, l'armée libanaise a tiré au canon sur les jihadistes camouflés dans les collines surplombant Aarsal, localité sunnite entourée d'agglomérations chiites dans la plaine de la Bekaa. En avançant dans la ville, les soldats ont découvert les corps de 50 activistes armés, a indiqué un responsable des services de sécurité libanais.

Les combats ont débuté samedi après l'arrestation d'Imad Ahmad Jomaa, un chef du Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda. Depuis, ces accrochages ont coûté la vie à seize militaires, à 50 hommes armés et à trois civils.

En outre, 14 soldats et 22 autres sont portés disparus, vraisemblablement aux mains des assaillants, selon l'armée. Celle-ci précise que 86 de ses hommes ont été blessés.

Habitants en fuite

Quelques centaines d'habitants, surtout des femmes et des enfants, ont fui la ville lundi matin. Aarsal est une cité de 40'000 habitants. Suite au conflit en Syrie, entamé au printemps 2011 et l'afflux de réfugiés, sa population compte désormais 100'000 personnes.

"Nous n'avons pas dormi de la nuit à cause des combats. Nous sommes les derniers à avoir pu quitter la ville, car les hommes armés nous empêchent de partir. Ils ont tiré au-dessus de nos têtes", a affirmé à l'AFP Ahmad Houjairy, 55 ans, à bord d'une camionnette transportant une quinzaine d'enfants.

Incursion préparée

Pour l'état-major de l'armée libanaise, l'incursion des islamistes n'est pas une réaction spontanée à l'arrestation de Jomaa. Selon lui, elle a été soigneusement préparée.

Depuis un an, les islamistes ont été repoussés dans la zone frontalière par les forces gouvernementales syriennes, épaulées par le Hezbollah chiite libanais. On estime à 3000 le nombre de combattants dans le secteur.

Aucun "compromis politique"

Bien qu'ayant adopté officiellement une position de "distanciation", la société libanaise reste divisée sur le conflit syrien qui déborde désormais sur son territoire. Le pays compte quatre millions d'habitants, auxquels s'ajoutent un million de réfugiés syriens.

La classe politique libanaise considère l'attaque d'Aarsal comme une tentative de l'Etat islamique (EI) d'asseoir sa présence au Liban. Ce qui qui incite les autorités à faire preuve de fermeté.

/ATS


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