Le "Vendredi des martyrs" pour les pro-Morsi

Les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont appelé à de grandes manifestations pour le "vendredi des martyrs" contre le pouvoir militaire. Cet appel va constituer un test de la capacité des Frères musulmans à mobiliser leur base.

Face au coup porté aux Frères musulmans avec l'arrestation de ses chefs et l'autorisation donnée aux forces de l'ordre pour tirer, les islamistes peinent à mobiliser depuis le début de la semaine. Quelques centaines de personnes seulement ont manifesté tout au plus.

Depuis une semaine, près d'un millier de personnes ont perdu la vie, pour l'immense majorité des pro-Morsi, quand militaires et policiers se sont lancés dans une répression sanglante de leurs manifestations et arrêté plus d'un millier d'islamistes. Le dernier en date est Ahmed Aref, porte-parole de la confrérie.

Le président déchu Mohamed Morsi a été destitué le 3 juillet. Il est depuis détenu par l'armée, accusé de complicité de meurtres et de tortures de manifestants.

Face à cet engrenage de la violence, l'Union européenne a décidé la suspension des licences d'exportation vers l'Egypte d'équipements sécuritaires et d'armes et va réexaminer l'aide importante qu'elle apporte au Caire.

Washington fait également peser la menace d'une rupture des aides financières, mais l'Arabie saoudite a promis qu'elle compenserait avec ses alliés du Golfe tout arrêt de l'aide occidentale.

Moubarak sort de prison

De son côté, l'ex-président Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire début 2011, a pu quitter sa prison jeudi. Il est désormais assigné à résidence dans un hôpital militaire du Caire. Son procès pour meurtre de manifestants reprendra dimanche. Le raïs déchu est âgé de 85 ans et souffre de divers problèmes de santé.

Après l'annonce de la sortie de prison de l'ex-président, la Suisse a annoncé qu'elle allait à nouveau se pencher sur le dossier du gel des fonds de Hosni Moubarak, soit 700 millions de francs suisses.

Pour Washington, le sort de Hosni Moubarak relève des affaires intérieures de l'Egypte. Quant au cas de M. Morsi, "notre position reste la même: nous pensons qu'il devrait y avoir un processus pour sa remise en liberté", a déclaré jeudi la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki.

/SERVICE


Actualisé le

 

Actualités suivantes