La répression contre les Frères musulmans s'accentue

Trente-huit partisans des Frères musulmans égyptiens ont été arrêtés jeudi, au lendemain de leur classement par le gouvernement parmi les "organisations terroristes". En outre, un étudiant membre de la confrérie a été tué au cours de heurts avec des habitants.

Le général Abdel Fattah Sissi, le chef d'état-major de l'armée qui a destitué le 3 juillet le président islamiste élu Mohamed Morsi, a déclaré que le pays resterait "inébranlable" face au terrorisme.

Ces arrestations ont eu lieu pour 16 d'entre elles dans la province de Charkiya, dans le delta du Nil, précise l'agence de presse officielle Mena. Elle évoque des soupçons de "promotion de l'idéologie de la confrérie islamiste par la distribution de tracts et d'incitation à la violence contre l'armée et la police".

Mercredi, le gouvernement avait qualifié les Frères musulmans de groupe terroriste à la suite de l'attentat suicide de la veille contre un QG de la police à Mansoura, dans le delta du Nil. Les Frères avaient pourtant condamné l'attaque, qui a fait 16 morts.

A la télévision publique, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Hany Abdel Latif, a prévenu que quiconque participerait à des manifestations à l'appel de la confrérie serait passible d'une peine de cinq ans de prison. "Ceux qui dirigent cette organisation pourraient être condamnés à mort", a-t-il ajouté.

Jeudi matin, cinq personnes ont été blessées dans une explosion près d'un bus à Nasr City, un quartier du Caire. Un second engin de fabrication artisanale a pu être désamorcé par la suite dans le même secteur. Mena rapporte que les forces de sécurité ont également désamorcé une bombe placée devant un complexe de la police dans la province de Kafr el Cheikh.

Les alliés islamistes de la confrérie ont, pour leur part, juré de poursuivre leurs manifestations contre l'armée. "Les putschistes sont eux-mêmes une organisation terroriste. Les Frères musulmans sont des patriotes épris de paix", ont-ils dit dans un communiqué.

Dans la soirée, un étudiant de l'Université Al Azhar qui participait à une manifestation des Frères musulmans a été tué au cours "d'échanges de tirs de grenaille" avec des habitants du quartier de Nasr City, au Caire, a dit le ministère de l'Intérieur dans un communiqué

/ATS


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