La corruption empoisonne la fin de la campagne au Brésil

Le scandale de corruption Petrobras a envenimé vendredi soir l'ultime débat télévisé de la campagne pour l'élection présidentielle au Brésil. Le second tour opposera dimanche la présidente sortante Dilma Rousseff et son rival de centre droit Aecio Neves.

Nettement distancé dans les sondages, M. Neves a accusé bille en tête sa rivale de gauche d'avoir mené "la campagne la plus sordide" de l'histoire du Brésil. Il s'est aussitôt emparé de la grenade lancée quelques heures plus tôt par l'hebdomadaire "Veja", selon qui Dilma Rousseff et son prédécesseur Lula étaient au courant du vaste système de corruption politique au sein de Petrobras.

"Coup électoral"

"Etiez-vous au courant comme le dit la revue Veja?" a demandé M. Neves à la présidente. "Ce sont de pures calomnies, de la diffamation", a riposté Mme Rousseff, dénonçant un "coup électoral" et une tentative de "manipulation" des électeurs.

"J'irai en justice pour me défendre et j'ai la certitude que le peuple brésilien montrera dimanche son indignation en rejetant votre programme qui représente un retour en arrière du Brésil", a-t-elle ajouté lors de ce débat suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs.

Image ternie

Les affaires de corruption ont terni l'image du Parti des travailleurs (PT) de Mme Rousseff au pouvoir depuis douze ans, détournant de nombreux électeurs de gauche. Et M. Neves en a fait dès le départ un des axes principaux de sa campagne.

"Il existe un moyen de mettre fin à la corruption: écarter du pouvoir le PT", a-t-il lancé en réponse à la question d'une électrice. A la même question, Mme Rousseff, elle, a prôné des peines plus dures pour corrupteurs et corrompus et l'interdiction du financement des campagnes électorales par les entreprises.

La cheffe de l'Etat s'est défendue d'avoir toujours été fermement intransigeante envers la corruption. Elle a souligné que si les enquêtes sortaient aujourd'hui, c'est parce qu'elle avait donné pleine autonomie à la police fédérale. Alors que lorsque le Parti social-démocrate brésilien (PSDB) était au pouvoir, entre 1995 et 2002, "elles étaient systématiquement enterrées".

/ATS


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