La conférence de paix à Genève est dans l'impasse

Le projet d'une conférence de paix internationale sur la Syrie à Genève est dans l'impasse. L'opposition syrienne exige toujours comme préalable le départ du président Bachar al Assad.

Réunis mardi à Londres, les "Amis de la Syrie" (Allemagne, Arabie saoudite, Egypte, Emirats arabes unis, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Jordanie, Qatar et Turquie) ont pressé l'opposition, qu'ils soutiennent, de participer à de futures négociations de paix en Suisse.

"La conférence de Genève ne peut réussir et nous n'y participerons pas si elle permet à Assad de gagner encore du temps pour faire couler le sang du peuple tandis que le monde regarde sans rien faire", a déclaré Ahmad Jarba, chef de la Coalition nationale syrienne, selon le texte de son discours.

Les Etats-Unis et la Russie se sont mis d'accord en mai sur une nouvelle conférence internationale consacrée à la Syrie, dite "Genève II" après la réunion de l'an dernier qui n'avait pas abouti. Aucune date n'a encore été officiellement fixée.

Colère des Saoudiens

Nouvel obstacle à l'avancée des discussions, l'Arabie saoudite, l'un des plus farouches adversaires du régime de Damas, chercherait à prendre ses distances avec son allié américain, accusé de tergiverser, tant sur le conflit en Syrie que sur le dossier du nucléaire iranien.

Depuis 2011, le conflit syrien a fait plus de 100'000 morts et des millions de réfugiés. Renforcé par ses récents succès militaires et par l'influence de plus en plus évidente des islamistes sur l'insurrection, qui inquiète l'Occident, Bachar al Assad s'est montré confiant lundi sur la chaîne de télévision Al Mayadine.

Il ne voit aucun obstacle à se représenter l'année prochaine à la présidentielle et s'est montré sceptique sur la tenue d'une réunion internationale à Genève.

Rôle de l'Iran

A Londres, les "Amis de la Syrie" devaient discuter de l'ordre du jour de Genève II et trouver les moyens de convaincre l'opposition syrienne. La participation de l'Iran, allié de Damas, devait aussi être débattue. Plusieurs membres des "Onze" sont en désaccord à ce propos. L'Iran, nation chiite, est le grand rival de l'Arabie saoudite.

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a jugé essentiel que l'opposition accepte de se rendre à Genève. Si les opposants "ne participent pas au processus de paix, alors les Syriens ne pourront plus choisir qu'entre Assad et les extrémistes", a-t-il déclaré à la BBC.

Opposition divisée

L'opposition s'est profondément divisée ces derniers mois. Les groupes armés islamistes ne reconnaissent pas la représentativité de la Coalition nationale syrienne. Des combats ont récemment opposé l'Armée syrienne libre aux djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant et à leurs alliés syriens du Front Al Nosra.

/SERVICE


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