La Russie reproche à l'UE de vouloir créer une "sphère d'influence"

Russes et Européens se sont mutuellement accusés vendredi de visées géopolitiques en Ukraine. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé l'Union européenne de chercher à étendre sa zone "d'influence" en soutenant l'opposition ukrainienne.

"En pressant l'Ukraine d'aller d'un côté, et en l'avertissant qu'il faut choisir soit l'un soit l'autre, d'être soit avec l'Union européenne soit avec la Russie, montre que dans le fond ils essaient de créer une sphère d'influence", a déclaré M. Lavrov lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier à Berlin.

"Il me semble qu'il n'est pas tout à fait correct, pas tout à fait poli, quand on parle de liberté de choix, d'envoyer chaque jour des émissaires", a-t-il ajouté, faisant allusion aux visites de représentants européens et américains de haut rang à Kiev.

"Ils viennent à Kiev sans avoir été invités et tentent de persuader les dirigeants ukrainiens de faire le choix promu par l'Union européenne et les Etats-Unis", a-t-il poursuivi.

"Pas un jeu d'échecs"

M. Steinmeier a rétorqué que la crise en Ukraine n'était "pas un jeu d'échecs géopolitique" et a souligné que "personne n'avait intérêt à une escalade de la situation".

Cette visite de deux jours du ministre allemand n'a pas permis de percée concrète. M. Lavrov n'a pas voulu entrer en matière sur la possibilité, évoquée par les Européens, d'une médiation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Président en exercice de l'OSCE, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a déjà proposé à plusieurs reprises une telle médiation.

Opposants reçus à Berlin

Le renoncement des autorités ukrainiennes à un projet d'association avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie a déclenché fin novembre un mouvement de contestation sans précédent qui a dégénéré en janvier, faisant au moins quatre tués et plusieurs centaines blessés. Le centre de Kiev est depuis occupé par des manifestants et entouré de barricades.

/ATS


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