La "Journée de colère" vire au bain de sang en Egypte

La "journée de la colère" décrétée vendredi par les Frères musulmans en Egypte a dégénéré en de nouveaux affrontements meurtriers au Caire et dans d'autres villes du pays. Au moins 83 personnes ont été tuées, pour l'essentiel des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi.

Dans deux morgues improvisées dans des mosquées du centre du Caire, où les forces de l'ordre ont tiré sur les manifestants, un journaliste de l'AFP sur place et des témoins aux récits concordants ont totalisé au moins 39 corps.

En outre, des sources médicales et de sécurité ont fait état de 44 morts dans différentes autres provinces. Dont 10 tués dans la soirée par les forces de l'ordre à Suez parce qu'une manifestation bravait le couvre-feu, selon des sources de sécurité.

Le parti de la Liberté et de la Justice, le bras politique des Frères musulmans, a fait état de 130 tués au Caire. La confrérie islamiste de M. Morsi avait appelé à manifester pour protester contre la dispersion sanglante de ses rassemblements il y a deux jours. Elle souhaite dès samedi une semaine de manifestations quotidiennes dans tout le pays.

Mises en garde ignorées

Bravant les mises en garde du gouvernement mis en place après la destitution de Mohamed Morsi, le 3 juillet, les partisans de l'ancien président islamiste ont de nouveau exigé son rétablissement dans ses fonctions et la démission du chef de l'état-major de l'armée, le général Abdel Fattah al Sissi, qui cumule également les fonctions de ministre de la Défense et vice-Premier ministre, et qu'ils tiennent responsable des troubles meurtriers de mercredi.

Dans la matinée, l'armée égyptienne avait déployé des dizaines de véhicules blindés dans la capitale. Le ministère de l'Intérieur avait prévenu la veille que les forces de sécurité tireraient à balles réelles contre ceux qui s'en prendraient à elles ou à des bâtiments officiels.

Le pouvoir mis en place par l'armée a assuré se battre contre un "complot terroriste malveillant" des Frères musulmans pour justifier la répression qui a fait plus de 600 tués ces trois derniers jours.

Mais des milliers d'islamistes ont convergé à la sortie des grandes prières du vendredi vers une place dans le centre de la capitale, où des affrontements ont éclaté.

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