La France sonne le tocsin pour commémorer la mobilisation générale

Petites cloches ou "grand bourdon", le tocsin a retenti un peu partout en France vendredi, pour le centième anniversaire de la mobilisation de 1914. Celle-ci précéda de deux jours l'entrée de la France dans la Première Guerre mondiale.

Le tocsin du clocher des églises servait traditionnellement à donner l'alerte, "à sortir les hommes des champs", pour avertir la population en cas de danger. Mais la sonnerie du 1er août 1914 et la guerre annoncée plongèrent la France dans la consternation.

"Ordre de mobilisation générale": l'affiche du 1er août 1914, reproduite vendredi dans la presse régionale, appelait les 3,8 millions de réservistes à rejoindre les 800'000 soldats déjà en service actif.

Tocsin à 16h00

Pour marquer l'événement, le gouvernement français avait invité les maires des 36'000 communes de France à faire sonner le tocsin à 16h00, comme l'ont fait leurs prédécesseurs cent ans plus tôt à la même heure. Les maires avaient toute latitude pour décider des modalités d'application.

En Alsace et Moselle, deux régions proches de la frontière allemande, le tocsin n'avait pas sonné le 1er août 1914 car ces régions faisaient alors partie de l'empire allemand. Il a cette fois été sonné pendant sept minutes par le "grand bourdon" et six autres cloches de la cathédrale de Strasbourg.

Rares réfractaires

Rares ont été les réfractaires, comme le maire socialiste du Mans (ouest), Jean-Claude Boulard, lequel a refusé de faire sonner les cloches dans sa ville, invoquant "l'effroyable massacre" de la guerre.

"Ce n'est pas la déclaration de guerre qui a marqué les esprits, ce qui a provoqué la stupeur, c'est l'annonce de la mobilisation", fait valoir Joseph Zimet, directeur général de la Mission du centenaire chargée des commémorations, pour justifier l'appel à sonner les cloches.

Le tocsin de vendredi ouvre trois jours de commémoration en France. Cent ans jour pour jour après la déclaration de guerre de Berlin à Paris, les présidents français et allemand François Hollande et Joachim Gauck poseront dimanche la première pierre d'un historial franco-allemand dans l'est de la France.

/ATS


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