La Bosnie commémore dans la division l'attentat de Sarajevo

La Bosnie commémorait dans la division l'attentat de Sarajevo qui a fait basculer l'Europe il y a 100 ans dans la Première Guerre mondiale. Les Serbes et les musulmans de l'Etat balkanique ont des perceptions différentes de l'auteur de l'assassinat de l'archiduc héritier d'Autriche François-Ferdinand, le Serbe de Bosnie Gavrilo Princip.

A Sarajevo, le centenaire a été marqué par un concert dans la soirée de l'orchestre philharmonique de Vienne, alors capitale de l'empire austro-hongrois, que le jeune nationaliste Gavrilo Princip avait frappé en assassinant l'héritier et son épouse Sophie.

Des oeuvres de Schubert, Haydn, Brahms ou encore Ravel ont été jouées durant ce concert "pour la paix", point d'orgue d'une série de manifestations culturelles et sportives financées par l'Union européenne, mais dont les dirigeants politiques seront les grands absents.

Avant le concert, un petit groupe de manifestants portant des masques à l'effigie de Gavrilo Princip a protesté sans incident devant la Vijecnica, l'ancienne mairie puis bibliothèque nationale de Sarajevo, détruite par un incendie provoqué par les bombardements des Serbes de Bosnie en 1992 et récemment restaurée.

Approche "révisionniste"

Les dirigeants serbes de Bosnie et de Serbie se retrouvent à Visegrad, en Bosnie orientale, où ils rendent hommage à Gavrilo Princip qu'ils considèrent comme un "héros".

Dès l'annonce, il y a plus de deux ans, des commémorations européennes à Sarajevo, une ville majoritairement musulmane, les Serbes avaient refusé de s'associer à ces cérémonies, dénonçant une approche "révisionniste" de l'histoire qui qualifie Gavrilo Princip de "terroriste" et fait, selon eux, porter indûment sur les Serbes la responsabilité de la guerre.

A Sarajevo, où le souvenir de Gavrilo Princip est associé aux forces serbes ayant assiégé la capitale bosnienne pendant la guerre intercommunautaire, qui a fait près de 100'000 morts entre 1992 et 1995, les gens sont surtout indifférents à l'égard des cérémonies.

Pétition de BHL

Dans ce contexte, Bernard-Henri Lévy a mis en circulation samedi une pétition appelant à l'adhésion de la Bosnie à l'UE. "Faire revenir la Bosnie à l'intérieur de l'Europe, c'est notre dette morale, à nous Européens anciens", a déclaré le philosophe au lendemain de la première représentation dans la capitale d'une pièce de théâtre qu'il a écrite, "Hôtel Europe".

Il y a 100 ans, cinq semaines après l'attentat, entraînées par leurs rivalités, leurs peurs, leurs alliances et l'aveuglement de leurs dirigeants, les grandes puissances européennes sont entrées en guerre. Ce conflit fera dix millions de morts et vingt millions de blessés parmi les combattants, et des millions de civils tués.

/ATS


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