L'ex-Premier ministre portugais arrêté: soupçon de corruption

L'ancien Premier ministre du Portugal José Socrates a été arrêté vendredi dans le cadre d'une enquête pour fraude fiscale, blanchiment d'argent et corruption, a annoncé le parquet général. L'ex-homme fort du pays jusqu'en juin 2011 doit être déféré devant la justice.

M. Socrates fait partie d'un groupe de quatre personnes interpellées ces derniers jours, indique le ministère public dans un communiqué. L'arrestation de l'ex-Premier ministre a fait l'effet d'une bombe au sein du monde politique fragilisé par une série d'enquêtes judiciaires éclaboussant les hautes sphères de l'Etat.

José Socrates, 57 ans, a dirigé le pays de 2005 à 2011. Il a été arrêté vendredi soir lors de son arrivée à l'aéroport de Lisbonne, de retour d'un séjour à Paris, dans le cadre d'une enquête pour fraude fiscale, blanchiment d'argent et corruption.

Selon la presse portugaise, la justice se penche notamment sur l'achat d'un appartement à Paris où M. Socrates a vécu en 2012 pour poursuivre des études de philosophie à Sciences Po. Les doutes porteraient sur la provenance des fonds consacrés à l'acquisition de l'habitation, estimés à 3 millions d'euros (3,6 millions de francs).

Campagne de "diffamation"

Le parquet général a précisé qu'il n'y avait aucun lien avec l'opération Monte Branco, un coup de filet anticorruption qui avait entraîné l'arrestation en juillet de l'ancien PDG de la banque Espirito Santo (BES), Ricardo Salgado.

Mis en cause par la presse dans cette affaire en juillet, José Socrates avait fustigé une campagne de "diffamation": "Je n'ai pas de capitaux et pas de compte à l'étranger. J'ai le même compte bancaire depuis plus de 25 ans", avait-il assuré.

José Socrates s'est trouvé impliqué dans plusieurs controverses qui ont écorné son image au fil de six ans de pouvoir, mais il était toujours passé à travers les mailles du filet.

Enquête pour corruption

Son nom a été ainsi cité dans une enquête pour corruption remontant à l'époque où il était ministre de l'Environnement et avait donné son aval à la construction en 2002 d'un centre commercial dans une zone protégée. L'affaire a été classée en 2010.

L'arrestation de M. Socrates met dans l'embarras le maire de Lisbonne, Antonio Costa, qui passe pour un de ses proches et devait être élu samedi secrétaire général du parti socialiste, principale formation d'opposition et favorite des élections législatives prévues en 2015.

Aide financière

José Socrates avait annoncé sa démission du poste de Premier ministre en mars 2011, après le rejet au Parlement d'un nouveau programme d'austérité budgétaire.

Peu après, le Portugal, au bord de la faillite, avait été contraint de demander une aide financière de 78 milliards d'euros à l'Union européenne et au Fonds monétaire international, en échange d'un programme de rigueur sur trois ans.

/ATS


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