Kiev dénonce une "agression russe" dans l'est du pays

Le gouvernement pro-européen d'Ukraine a dénoncé samedi une "agression" de la Russie après une série d'attaques de groupes armés pro-russes contre des villes de l'est du pays. Le président Olexander Tourtchinov a convoqué une réunion extraordinaire du conseil de sécurité national.

Des affrontements avaient lieu notamment dans les localités de Kramatorsk et Krasny Liman, dans la province de Donetsk, frontalière de la Russie, selon le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov, qui n'a pas fait état de victimes. Affirmant que les assaillants utilisaient "des armes de fabrication russe AK100, uniquement en dotation dans les forces armées russes", il a dénoncé "une agression extérieure de la Fédération de Russie".

A Donetsk, quelque 200 manifestants pro-russes ont envahi le siège de la police dans l'après-midi. Ils n'ont rencontré aucune résistance et des membres des forces anti-émeutes sur place ont manifestement changé de camp.

Des militants pro-russes se sont également emparés samedi du siège local des services de sécurité de l'Etat (SBU) à Slaviansk, après avoir pris peu avant le contrôle d'un poste de police dans cette ville d'environ 100'000 habitants, a rapporté samedi la police ukrainienne.

Un photographe sur place, présent dans le bâtiment, a déclaré de son côté ne pas avoir vu d'assaillants armés. Les assaillants ont hissé le drapeau russe à la place de l'ukrainien et reçu le soutien d'une bonne partie de la population. Aucune présence policière n'était visible.

Demande lancée par Kiev

Et des séparatistes pro-russes occupent déjà depuis une semaine le siège du SBU à Louhansk et le bâtiment du gouvernement régional de Donetsk, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe. La Russie a massé jusqu'à 40'000 hommes à la frontière selon l'OTAN.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Dechtchitsa s'est entretenu samedi avec son homologue russe Sergueï Lavrov, auquel il a demandé de faire cesser les "provocations". M. Lavrov a démenti toute responsabilité, jugeant au contraire "inadmissibles" l'évocation d'action de force de Kiev.

Et la compagnie publique Naftogaz a annoncé qu'elle suspendait le paiement de ses importations de gaz russe. Le groupe russe Gazprom a imposé récemment une augmentation de 80 % des tarifs qu'il applique à ses exportations de gaz vers l'Ukraine.

Fédéraliser l'Etat

Le Premier ministre Arseni Iatseniouk s'est engagé à proposer avant l'élection présidentielle anticipée du 25 mai des révisions constitutionnelles pour équilibrer les pouvoirs entre le centre et les régions. Il a promis de ne toucher "sous aucun prétexte" aux lois garantissant le statut des langues autres que l'ukrainien.

Mais les séparatistes, soutenus par Moscou, exigent un rattachement à la Russie ou une "fédéralisation" de l'Ukraine. Un scénario que refuse le pouvoir pro-occidental de Kiev.

Une réunion quadripartite aura lieu le 17 avril prochain à Genève entre l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne.

/ATS


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