L'espionnage américain s'impose au sommet européen

Les révélations sur la surveillance de la chancelière allemande par les Américains ont provoqué jeudi un choc et se sont imposées au sommet européen. Angela Merkel et François Hollande ont dénoncé des pratiques "inacceptables".

"L'espionnage entre amis, ça ne va pas du tout", a lancé la chancelière allemande en arrivant au sommet à Bruxelles. Son téléphone portable pourrait avoir été surveillé par les Américains.

Au cours d'une brève rencontre bilatérale juste avant l'ouverture du sommet, le président français François Hollande et la chancelière ont réaffirmé "l'un comme l'autre le caractère inacceptable" des écoutes américaines, souhaitant que "l'on trouve les moyens d'en sortir", a-t-on indiqué de source française.

Obama sommé de s'expliquer

A l'instar de M. Hollande en début de semaine, Mme Merkel a demandé des explications au président Barack Obama sur les révélations concernant son téléphone portable. La Maison Blanche a refusé le même jour de dire si les Etats-Unis avaient espionné dans le passé les communications de la chancelière.

"Il faudra prendre des mesures", a estimé le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, ajoutant que le sommet devait examiner des "mesures européennes".

Les Européens sont divisés sur cette question. Le Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, a semé le doute sur la capacité de riposte européenne. "Je ne sais pas ce que nous pouvons faire au niveau de l'UE, si cela est arrivé, aucune législation européenne ne peut l'empêcher", a-t-il affirmé.

Le Britannique David Cameron, dont le pays a déjà été mis en cause dans des affaires d'espionnage au sein de l'Union européenne, notamment en Italie, n'a lui fait aucune déclaration à son arrivée au sommet.

Sujet sensible en Allemagne

Le sujet est particulièrement sensible en Allemagne, qui reste traumatisée par la surveillance systématique des citoyens par la Stasi en Allemagne de l'Est du temps de la RDA, où Angela Merkel a passé toute sa jeunesse.

Le Parquet fédéral allemand, en charge des affaires d'espionnage, a d'ailleurs annoncé étudier les informations concernant le portable de Mme Merkel, prélude à une éventuelle enquête formelle.

Européens divisés

Autre signe de l'incapacité des Européens à afficher un front uni, leurs divergences sur le projet de loi sur la protection des données, présenté il y a plusieurs mois par la Commission européenne.

"Maintenant, il faut agir et pas seulement faire des déclarations", a lancé la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, appelant les dirigeants européens à faire en sorte que la réforme soit adoptée "d'ici au printemps 2014".

Bruxelles veut que les grands groupes de l'internet obtiennent le consentement préalable des personnes à l'utilisation de leurs données personnelles, sous peine d'amendes.

/SERVICE


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