Ukraine: Moscou estime que l'Etat central "a cessé de fonctionner"

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a défendu le passage de l'Ukraine à une structure fédérale à la veille des pourparlers quadripartites de Genève, cruciaux pour l'avenir du pays. Selon lui, "l'Etat unitaire en Ukraine a cessé de fonctionner".

"Ses fondations ont été brisées par une succession de bouleversements politiques", a estimé M. Lavrov dans des déclarations publiées sur le site de son ministère. Pour lui "la fédéralisation serait une façon de s'assurer que chaque région du pays se sente à l'aise, estime que ses droits sont garantis, que ses traditions et son mode de vie sont protégés".

La Russie soutient l'idée d'une "fédéralisation" de la Constitution ukrainienne, qui accorderait davantage de pouvoirs aux régions russophones de l'est du pays. Une option rejetée par le pouvoir de Kiev, qui y voit la porte ouverte à un éclatement du pays et qui refuse d'aborder la question aux pourparlers prévus jeudi entre l'Ukraine, la Russie, l'UE et les Etats-Unis.

Risque de guerre civile

Kiev a envoyé mardi des troupes pour faire face aux insurgés pro-russes dans l'est de l'Ukraine, où une série d'insurrections ont été menées depuis une dizaine de jours par des militants exigeant un référendum pour obtenir l'autonomie des régions russophones, au sein de l'Ukraine, ou le rattachement à la Russie.

Dans ce contexte, le président russe Vladimir Poutine a averti la chancelière allemande Angela Merkel "que l'escalade brutale du conflit avait mis le pays au bord de la guerre civile", a indiqué le Kremlin.

Lors de cet entretien téléphonique, les deux dirigeants ont tous les deux "souligné l'importance" des pourparlers de jeudi. "Ils ont exprimé l'espoir que la rencontre de Genève puisse donner un signal clair pour faire revenir la situation dans un cadre pacifique", a indiqué le communiqué.

Menace de sanctions

Les Etats-Unis ont pour leur part indiqué être prêts à imposer de nouvelles sanctions contre Moscou en cas d'échec de la réunion de jeudi. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry doit s'envoler ce mercredi matin pour Genève.

/ATS


Actualisé le