L'UA demande le transfert au Kenya des procès Kenyatta-Ruto

Les dirigeants de l'Union africaine (UA) demandé lundi le transfert à la justice kényane de la procédure engagée par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président et le vice-président de ce pays. Ils critiquent un tribunal uniquement concentré contre l'Afrique.

La présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, a mis en avant les réformes judiciaires menées depuis les violences au Kenya pour justifier un retour du dossier dans ce pays. La résolution sur la CPI a été adoptée "par consensus", sans vote formel, a précisé le commissaire à la Paix et la sécurité, Ramtane Lamamra, à l'issue d'un sommet à Addis Abeba.

"Certains dirigeants qui dans le passé étaient enclins à exprimer une certaine compréhension envers la façon dont le procureur opérait (...) ont dit cette fois-ci 'non, non, non, cela doit changer, nous devons condamner ces pratiques'", a-t-il assuré.

"Chasse raciale"

Plusieurs dirigeants africains ont publiquement accusé la CPI de ne concentrer ses enquêtes que sur l'Afrique - dont le président rwandais Paul Kagame dimanche à Addis Abeba.

Président en exercice de l'UA, le premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a réitéré ces accusations lundi après la clôture du sommet. Lors de la création de la CPI, "l'objectif était d'éviter toute sorte d'impunité, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale", a-t-il déclaré.

L'actuel président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l'organisation des violences ayant suivi la présidentielle de 2007 au Kenya, durant lequel ils appartenaient à deux camps différents. Ces violences s'étaient rapidement muées en affrontements entre communautés, qui ont fait plus d'un millier de morts.

Force de réaction rapide

Le premier ministre éthiopien a en revanche salué la création d'une force de réaction rapide comme "une décision historique". Selon lui, "de nombreux pays ont proposé de contribuer" à cette force. Celle-ci sera opérationnelle "immédiatement" grâce aux contributions d'ores et déjà offertes par l'Afrique du Sud, l'Ouganda et l'Ethiopie, a précisé Ramtane Lamamra devant la presse.

/SERVICE


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