Kinshasa: plus de 70 morts dans trois attaques coordonnées

Plus de 70 assaillants ont été tués lundi dans des attaques qui ont ciblé principalement Kinshasa et Lubumbashi, la deuxième ville de la République démocratique du Congo. Les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols nationaux et internationaux depuis l'aéroport international de Ndjili.

"Ça s'est alourdi. Plus de 70 assaillants ont été tués, dont une cinquantaine à Kinshasa. Trois de nos éléments (de l'armée) ont été tués à Kinshasa, et on compte deux blessés civils à Ndjili", a déclaré à l'AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Trois villes attaquées

M. Mende a souligné qu'un bilan plus précis serait communiqué mardi, "le temps de compiler les données" des trois villes qui ont été attaquées: Kinshasa, Lubumbashi, capitale de la riche province du Katanga (Sud-Est), et Kindu, capitale de la province du Maniema (Est).

Les forces armées de la République démocratique du Congo ont repoussé des attaques contre l'aéroport, l'état-major et le siège de la télévision publique (RTNC) de la capitale. Elles seraient le fait de partisans du chef religieux Paul Joseph Mukungubila Mutombo.

"Prophète de l'Eternel"

Armés notamment de machettes, les assaillants ont brièvement pris le contrôle du siège de l'audiovisuel public (RTNC), tenant en otages plusieurs journalistes. Avant l'arrêt des retransmissions de la télévision, certains ont lancé un message politique contre le régime du président Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père Laurent-Désiré.

"Gideon Mukungubila est venu pour vous libérer de l'esclavage des Rwandais", déclaraient-ils dans leur message. Gideon est le surnom utilisé par les partisans de Mukungubila, qui se fait aussi appeler le "prophète de l'Eternel".

Refus de l'accord de paix

Il était candidat à l'élection présidentielle de 2006, durant laquelle M. Kabila a remporté un nouveau mandat. Le "prophète de l'Eternel", qui refuse l'accord de paix signé ce mois-ci avec les rebelles tutsis du M23 dans l'est de la RDC, accuse le gouvernement congolais d'avoir cédé devant les intérêts des Tutsis et les pressions du Rwanda voisin.

/ATS


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