Kiev sous pression à l'ouverture du sommet du Partenariat oriental

L'Ukraine était sous pression jeudi soir pour accepter un rapprochement avec les Européens, à l'ouverture du sommet de Vilnius, dit du "Partenariat oriental", entre l'UE et six ex-républiques soviétiques. Kiev est tiraillé entre Bruxelles et Moscou.

Le président Viktor Ianoukovitch rencontrait dès jeudi soir les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy, et de la Commission, José Manuel Barroso, avant un dîner avec les dirigeants des 28. Vendredi matin, il doit avoir des entretiens séparés avec la chancelière Angela Merkel et le président français François Hollande.

Selon la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité, les négociations avec l'Ukraine vont se poursuivre jusqu'à la dernière minute. "Elles vont continuer avant le dîner, pendant le dîner et je pense que quelque chose va se passer dans la nuit", a-t-elle déclaré à la radio lituanienne. Serguei Arbouzov, vice-Premier ministre ukrainien s'est lui déclaré confiant sur une issue positive du sommet.

Ombre de Moscou

A Kiev, l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko a demandé aux dirigeants européens de "libérer l'Ukraine" en signant "sans condition" l'accord d'association. L'UE réclamait sa libération comme préalable. L'égérie de la "révolution orange" a entamé lundi une grève de la faim pour dénoncer le gel des discussions avec l'UE.

Les Ukrainiens ont en effet décidé la semaine dernière de ne pas signer l'accord d'association négocié pendant cinq ans avec l'UE, reconnaissant ensuite avoir pris cette décision sous la pression de la Russie et ses menaces de rétorsions économiques.

Ce revirement a déclenché la colère de l'opposition pro-européenne ukrainienne qui organise depuis plusieurs jours à Kiev des manifestations, les plus importantes depuis la Révolution orange de 2004.

Entre l'Europe et la Russie

M. Ianoukovitch semble louvoyer entre l'Europe et la Russie, tentant de tirer profit de la première sans s'aliéner la seconde. Kiev a accepté l'aide à court terme de Moscou, qui fournit la moitié du gaz consommé en Ukraine.

Mais l'UE n'est pas exempte de critiques. "Bruxelles a commis une erreur de jugement" en se focalisant sur le cas de Ioulia Timochenko, plutôt que de s'opposer au "chantage" de Moscou, selon le président polonais Bronislaw Komorowski.

/ATS


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