Irak: un attentat fait des dizaines de morts à un poste de contrôle

Un kamikaze a fait exploser dimanche un minibus au milieu d'une file de voitures à un barrage policier au sud de Bagdad. Des dizaines de personnes ont été tuées dans cette attaque, selon des sources policières et médicales.

Le minibus a explosé au milieu d'un embouteillage créé par un poste de contrôle à l'entrée de la ville de Hilla, a précisé un policier. Cette localité, située à 95 km au sud de la capitale irakienne, est majoritairement chiite.

Plus de 50 voitures ont pris feu, leurs passagers restant piégés à l'intérieur, tandis que le bâtiment des services de sécurité a été totalement détruit. L'attaque a fait au moins 45 morts selon un bilan compilé par l'agence Reuters, alors que l'AFP parlait de 37 victimes. Plus de 150 personnes ont également été blessées.

"Un feu énorme"

"J'ai vu un feu énorme recouvrir tout le barrage et les voitures autour", a raconté un des blessés sur son lit d'hôpital. "Beaucoup de gens n'ont pas pu s'extraire de leur voiture car la pression causée par l'explosion a bloqué leurs portières", a-t-il ajouté.

Kadhem Abdelhussein, 18 ans, raconte avoir vu les parties métalliques qui constituaient la structure du barrage éparpillées à plusieurs dizaines de mètres du lieu de l'attentat.

Cette attaque intervient au lendemain de deux fusillades à des barrages routiers au nord de Bagdad, dans lesquelles deux collégiens et trois policiers ont péri.

Dans le reste du pays, neuf personnes ont perdu la vie dans différentes attaques dimanche, dont deux soldats abattus à un barrage à Abou Ghraïb, à l'ouest de Bagdad. Et cinq policiers et deux soldats ont péri dans différentes attaques au nord de Bagdad.

Flambée de violences

Les barrages routiers, comme tous les lieux fréquentés tels les cafés, les restaurants, les marchés ou encore les mosquées et les stades de football, sont régulièrement ciblés par des attentats.

L'Irak connaît sa pire flambée de violence depuis cinq ans, et les autorités ne parviennent pas à mettre un terme aux attaques quotidiennes visant civils et forces de l'ordre. Depuis le début 2014, plus de 1850 personnes ont été tuées, dont plus de 120 en mars, selon un bilan établi par l'AFP.

Qatar et Arabie saoudite accusés

Le Premier ministre Nouri al-Maliki accuse l'Arabie saoudite et le Qatar d'être responsables de la multiplication des attentats. Les violences dans le pays sont essentiellement alimentées par le ressentiment de la minorité sunnite face au gouvernement dominé par les chiites, et par le conflit en Syrie voisine.

/ATS


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