Guerre des mots avant l'éventuelle intervention militaire en Syrie

Des frappes en Syrie provoqueraient une "explosion de terrorisme" dans toute la région, a averti lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Son homologue américain John Kerry a pour sa part réaffirmé qu'un règlement du conflit était avant tout "politique" et non "militaire".

"De plus en plus d'hommes politiques et d'hommes d'Etat partagent notre opinion selon laquelle un scénario de force mènera à une explosion de terrorisme en Syrie et dans les pays voisins, et à un important flux de réfugiés", a déclaré M. Lavrov à l'issue de son entretien avec le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem lundi matin à Moscou.

Le président Assad a pour sa part à nouveau nié avoir ordonné l'emploi d'armes chimiques dans une interview à la chaîne américaine CBS qui doit être diffusée lundi soir.

John Kerry, qui achève sa tournée sur le Vieux continent, a réaffirmé lundi qu'un règlement du conflit syrien était avant tout "politique" et non "militaire".

Mise en garde de Pillay

La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a mis en garde à Genève contre une déflagration régionale provoquée par une éventuelle intervention militaire.

La Chine demande pour sa part aux Etats-Unis d'agir avec la plus extrême prudence dans le conflit. Pékin plaide pour un retour du dossier devant les Nations unies.

L'heure de vérité pour Obama

Conscient de jouer à la fois la crédibilité des Etats-Unis et de sa propre présidence, Barack Obama va lancer une offensive tous azimuts pour convaincre les élus républicains et démocrates, de retour lundi à Washington à partir de 20h00 (heure en Suisse), du bien-fondé d'une nouvelle intervention militaire au Moyen-Orient pour punir le régime Assad.

Il enregistrera pas moins de six interviews avec des chaînes de télévision américaines. Celles-ci seront diffusées lundi soir. Il s'adressera ensuite aux Américains mardi soir depuis le bureau ovale.

Au Congrès, l'issue du vote sur le recours à la force apparaît de plus en plus incertaine. Au Sénat, le débat sur la résolution autorisant l'usage de la force, déjà adoptée en commission, ne commencera formellement que mardi. Un premier vote important pourrait intervenir dès mercredi.

/SERVICE


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