Giorgio Napolitano témoigne lors d'un procès de la mafia

Fait sans précédent dans l'histoire de l'Italie, le président Giorgio Napolitano a comparu comme témoin mardi dans un procès lors duquel l'Etat a été accusé d'avoir négocié en secret avec la mafia. Les événements se seraient produits au début des années 1990.

Les représentants du parquet de Palerme ont ainsi pu interroger le chef de l'Etat lors d'une audience à huis clos. Ils tentent de préciser le rôle du pouvoir politique, dans une époque marquée par des assassinats de magistrats et des attentats attribués au crime organisé sicilien.

Parmi les dix accusés de ce procès figurent Nicola Mancino, ministre de l'Intérieur à l'époque, ainsi que Salvatore Riina, alors considéré comme le plus puissant chef de clan de la mafia.

Après la mort de Falcone

L'accusation affirme que de hauts responsables policiers et politiques, espérant endiguer la montée de la violence, ont participé à des pourparlers avec les chefs de différentes organisations criminelles. Ces discussions seraient intervenues après l'assassinat du juge antimafia Giovanni Falcone, de son épouse et de trois gardes du corps dans un attentat à la bombe en mai 1992.

Selon le parquet, la participation du pouvoir politique à ces discussions après l'assassinat du juge Falcone a favorisé d'autres attentats. Y compris celui qui a tué deux mois plus tard un deuxième magistrat réputé, Paolo Borsellino.

Une lettre de Napolitano

Giorgio Napolitano, 89 ans, chef de l'Etat depuis 2006, présidait à l'époque la Chambre des députés. Le parquet de Palerme a demandé son audition pour qu'il s'explique sur une lettre qu'il a adressée en 2012 à son conseiller juridique Loris D'Ambrosio laissant entendre qu'il avait été informé de la tenue des discussions.

La presse n'a pas été autorisée à assister à son audition, réalisée au Quirinal, la résidence du président de la République. Et les personnes présentes se sont vu interdire tout enregistrement.

L'avocat de Salvatore Riina a déclaré vouloir interroger lui-même le président. Selon Luca Cianferoni, le président italien "a déclaré en substance qu'il n'était qu'un spectateur dans toute cette affaire".

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus