France: Christine Lagarde inculpée, mais exclut de démissionner

La justice française a inculpé la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, pour "négligence" dans une enquête sur un arbitrage controversé lié à l'homme d'affaires Bernard Tapie. L'ex-ministre a exclu de démissionner.

Alors qu'elle était ministre française de l'Economie, Mme Lagarde avait rendu un arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, sujet aujourd'hui à polémique et à enquête judiciaire. Cette sentence avait octroyé quelque 400 millions d'euros à M. Tapie pour clore un très long litige qui opposait l'homme d'affaires à la banque.

Mme Lagarde a annoncé elle-même à l'AFP sa mise en examen, intervenue mardi à Paris. Interrogée pour savoir si elle souhaitait démissionner du Fonds monétaire international (FMI), elle a répondu: "Non". Son avocat Yves Repiquet a de son côté estimé qu'"une mise en examen de cette nature, ça ne peut pas justifier une démission".

Entendue plus de 15 heures

Mme Lagarde a été entendue mardi pendant plus de 15 heures par les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), seule instance judiciaire en France à enquêter et juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions.

"La commission d'instruction de la CJR a décidé ma mise en examen sur le fondement d'une simple négligence", a-t-elle expliqué, lors d'un entretien au cabinet de Me Repiquet. "Après trois années d'instruction, des dizaines d'heures d'audition, la commission s'est rendue à l'évidence que je n'avais été complice d'aucune infraction et a donc été réduite à alléguer que je n'aurais pas été suffisamment vigilante" lors de l'arbitrage, a-t-elle ajouté.

"J'ai demandé à mon avocat d'exercer tous les recours contre cette décision que je considère comme totalement infondée", a-t-elle poursuivi.

Cinq inculpés

Dans le volet non-ministériel du dossier, cinq personnes ont été mises en examen pour "escroquerie en bande organisée", dont M. Tapie ou encore l'ex-directeur de cabinet de Mme Lagarde à Bercy et PDG d'Orange, Stéphane Richard.

Les juges cherchent à établir si cette sentence est le fruit d'un "simulacre" d'arbitrage organisé avec l'aval du pouvoir de l'époque, sous l'ère de Nicolas Sarkozy.

/ATS


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