Ebola: une seconde réunion prévue par l'OMS

Un comité d'experts de l'OMS a donné son feu vert à l'utilisation de traitements non encore homologués pour combattre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, alors que le cap des mille morts a été franchi. Certaines conditions doivent toutefois être respectées.

Le comité de 12 experts, unanime, a estimé que dans les circonstances particulières de cette épidémie, "il est éthique d'offrir des traitements non homologués dont l'efficacité ainsi que les effets secondaires ne sont pas encore connus, comme traitement potentiel ou à titre préventif".

Le comité a défini comme conditions d'emploi de ces traitements "une transparence absolue quant aux soins, un consentement informé, la liberté de choix, la confidentialité, le respect des personnes, la préservation de la dignité et l'implication des communautés locales".

Les experts ont souligné aussi "l'obligation morale de collecter et partager les données sur la sécurité et l'efficacité de ces interventions" qui doivent faire l'objet d'une évaluation constante en vue de leur utilisation future.

Priorités à fixer

En conférence téléphonique, la sous-directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Marie-Paule Kieny a précisé qu'une seconde réunion d'experts sera organisée à la fin du mois à Genève pour déterminer les critères d'utilisation des médicaments et vaccins contre l'Ebola, même non homologués.

Une dizaine de doses du cocktail d'anticorps monoclonaux ZMapp seraient seulement disponibles. Certains experts sont d'avis que le personnel de santé doit avoir la priorité pour l'administration du traitement, d'autres privilégient les communautés locales, a indiqué Mme Kieny.

Espoir pour la fin de l'année

Elle espère qu'à la fin de l'année, l'offre de produits pour traiter l'Ebola sera disponible en plus grande quantité. Des tests cliniques sur deux vaccins candidats doivent commencer en septembre, a fait savoir la responsable de l'OMS.

Avant même l'annonce de l'approbation de l'OMS, les Etats-Unis ont promis l'envoi au Libéria du sérum expérimental, pour soigner les médecins libériens actuellement infectés. Le MZapp a été utilisé avec succès la semaine dernière pour traiter deux soignants américains tombés malades.

L'administration du sérum n'a toutefois pas empêché le décès mardi d'un prêtre catholique espagnol, rapatrié jeudi dernier à Madrid en provenance du Libéria. Le missionnaire, premier malade atteint du virus hémorragique à être rapatrié en Europe, travaillait dans l'hôpital Saint-Joseph de Monrovia dépendant de l'ordre religieux de Saint-Jean de Dieu.

Plus de mille morts

La fièvre Ebola qui sévit en Afrique de l'Ouest a franchi la barre des 1000 morts, avec 1013 décès et 1848 cas dénombrés (confirmés, suspects et probables) en Guinée, au Libéria, en Sierra leone et au Nigeria. Selon le dernier bilan de l'OMS, 52 nouveaux décès ont été enregistrés entre le 7 et le 9 août et 69 nouveaux cas recensés.

/ATS


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