Etat islamique: les Kurdes résistent toujours à Kobané

Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont continué jeudi d'avancer vers le centre de la ville kurde syrienne de Kobané, dont ils contrôlent plus d'un tiers. Le refus turc d'envoyer des troupes à la rescousse suscite la frustration de Washington et la colère des Kurdes, qui continuent à manifester.

A Kobané, "les jihadistes se sont emparés de l'immeuble des Assayech (forces de sécurité kurdes) dans le nord-est de la ville" et se rapprochent du "carré de sécurité", secteur abritant les bâtiments officiels et le commandement des Unités de protection du peuple (YPG), la principale milice kurde, selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

Jeudi en fin d'après-midi, les combats de rue se poursuivaient dans la ville, a ajouté l'OSDH, faisant état de tirs d'obus sur les positions kurdes. Du côté turc de la frontière, une journaliste de l'AFP a vu quatre frappes dans la région de Kobané. D'épaisses fumées étaient visibles au-dessus de la ville et de violents échanges de tirs audibles.

Seuls face aux jihadistes

Le rapport de forces dans cette troisième ville kurde de Syrie est défavorable aux Kurdes, l'EI possédant des véhicules blindés et des armes sophistiquées. Et le Pentagone, qui a confirmé cinq tirs aériens jeudi contre des positions de l'EI, a reconnu que "les frappes à elles seules ne vont pas sauver" la ville.

Washington souligne la nécessité d'avoir des troupes "compétentes" en Syrie, mais la Turquie voisine refuse d'intervenir au sol.

Tensions

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a jugé qu'il n'était "pas réaliste" que son pays envoie seul des troupes combattre les jihadistes, malgré le feu vert du Parlement turc à une opération militaire contre l'EI. Frustrés par ces réticences, les Etats-Unis ont dépêché à Ankara le coordonnateur de la coalition, le général John Allen, pour tenter de convaincre Ankara.

Kurdes en colère

L'apparente passivité de la Turquie provoque l'ire de la population kurde. De nombreuses émeutes ont éclaté depuis un appel lundi du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à manifester contre le refus d'Ankara de venir en aide à Kobané.

Les incidents, particulièrement violents mardi, se sont prolongés dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon le dernier bilan cité jeudi par les médias turcs, les affrontements ont fait au moins 22 morts, de très nombreux blessés et d'importants dégâts matériels. L'agence de presse Dogan mentionne aussi 217 arrestations depuis mardi.

/ATS


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