Dopé par sa victoire, Erdogan menace de régler ses comptes

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a promis de régler ses comptes avec ses ennemis après sa large victoire aux élections municipales. Ces déclarations laissent augurer de nouvelles tensions dans un pays divisé par les polémiques et les scandales.

Ceux qui attendaient un message d'apaisement ont été déçus. A peine conforté dans les urnes, M. Erdogan a repris sa rhétorique agressive de campagne contre l'opposition. Et surtout contre les "traîtres" de l'organisation de l'imam Fethullah Gülen, qu'il a promis "d'éliminer".

Accusé depuis des semaines de corruption, visé par des écoutes téléphoniques compromettantes publiées sur les réseaux sociaux, le Premier ministre a nettement remporté le "référendum" que constituait à ses yeux le scrutin de dimanche.

"Grand chelem"

Les candidats de son Parti de la justice et du développement (AKP) ont recueilli 45,5% des voix, très nettement devant ceux de leur principal opposant, le Parti républicain du peuple (CHP). L'AKP a même réussi le grand chelem en conservant les deux plus grandes villes du pays, Istanbul et la capitale Ankara.

A un an du terme de son troisième et dernier mandat de chef du gouvernement, ce succès a conforté son règne à la tête du pays. Son ampleur pourrait le convaincre de briguer la présidence au mois d'août, disputée pour la première fois au suffrage universel direct. Mais il pourrait aussi décider de poursuivre sa carrière de Premier ministre lors des législatives de 2015, au prix d'une modification des statuts de son parti.

Contesté par la rue

Après douze ans d'un pouvoir sans partage à la tête de la Turquie, le Premier ministre reste le personnage le plus charismatique du pays mais aussi le plus controversé: acclamé par ceux qui voient en lui l'artisan du décollage économique du pays, mais peint par les autres en "dictateur" islamiste.

En juin 2013, des millions de Turcs ont exigé sa démission dans la rue. Et depuis plus de trois mois, il est à nouveau menacé par un scandale de corruption inédit.

En riposte, le gouvernement de M. Erdogan a multiplié ces derniers mois les mesures autoritaires. Le blocage des réseaux sociaux Twitter et YouTube lui ont valu une avalanche de critiques, en Turquie, par le président Abdullah Gül notamment, comme à l'étranger.

/ATS


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