Des milliers d'Alévis défilent à Cologne contre Erdogan

Jusqu'à 80'000 personnes, répondant à l'appel de la communauté islamique alévie, ont manifesté samedi à Cologne contre le gouvernement turc de Recep Tayyip Erdogan. L'ambassadeur d'Allemagne en Turquie a pour sa part été convoqué par les autorités turques après les critiques de Berlin sur la gestion de la récente crise en Turquie.

"Pour la tenue immédiate de nouvelles élections", a lancé le secrétaire général de la Communauté alévie d'Allemagne, Ali Dogan, pour ce rassemblement anti-gouvernemental turc, le plus important en Allemagne depuis le début de la contestation contre le Premier ministre turc.

Les manifestants, venus d'Allemagne, mais aussi de Suisse, de France et d'Autriche, étaient réunis avec ce slogan: "Taksim (le nom de la place d'Istanbul symbole de la révolte anti-Erdogan), c'est partout. La résistance c'est partout. Finissons-en avec la dictature d'Erdogan".

L'alévisme constitue une branche hétérodoxe de l'islam essentiellement présente en Turquie. L'Allemagne, où vivent trois millions de Turcs ou personnes d'origine turque, accueille 500'000 Alévis qui se présentent volontiers comme libéraux, notamment envers les femmes.

De nombreuses manifestations anti-Erdogan se sont déroulées ces dernières semaines en Allemagne, notamment à Berlin, en parallèle à la fronde stambouliote.

Ambassadeur convoqué

Sur le plan diplomatique, l'ambassadeur d'Allemagne à Ankara, Eberhard Pohl, a été convoqué samedi au ministère turc des Affaires étrangères après les critiques de Berlin sur la répression des manifestations anti-gouvernementales en Turquie.

M. Pohl s'est entretenu pendant un peu plus d'une heure au ministère avec le sous-secrétaire d'Etat turc Feridun Sinirlioglu, a rapporté la chaîne d'information turque NTV. Mais aucune des deux parties n'a voulu faire de commentaire à l'issue de l'entretien.

Les ambassadeurs de Turquie et d'Allemagne avaient déjà été convoqués vendredi aux ministères des Affaires étrangères respectifs, à la suite d'échanges cinglants entre Berlin et Ankara sur l'UE. Mais M. Pohl, en déplacement hors d'Ankara, n'avait pu alors répondre à cette convocation, selon NTV.

La chancelière allemande Angela Merkel avait qualifié lundi passé de "beaucoup trop dure" la répression policière contre les manifestants opposés à M. Erdogan, et dont le mouvement de protestation a secoué la Turquie pendant trois semaines.

Le ton est violemment monté vendredi entre Berlin et Ankara, le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, allant jusqu'à menacer Mme Merkel de "réactions" côté turc si elle ne revenait pas sur ses déclarations.

/SERVICE


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