Obama se sépare de son secrétaire à la Défense, l'EI en filigrane

Le président Barack Obama a annoncé lundi le départ de son secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel sur fond de divergences de vue dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Michele Flournoy, ex-sous secrétaire à la Défense, figure parmi les noms cités pour le remplacer.

"J'ai présenté ma démission aujourd'hui", a déclaré M. Hagel au cours d'une brève déclaration à la Maison Blanche aux côtés de M. Obama. Celui-ci a rendu hommage à un "secrétaire à la Défense exemplaire" et un "ami". Seul républicain du cabinet Obama, M. Hagel restera à son poste jusqu'à ce que son remplaçant soit confirmé par le Sénat.

Sur les rangs pour le remplacer, au côté de Michele Flournoy, Jack Reed, sénateur démocrate du Rhode Island et ancien membre d'une unité d'élite de parachutistes, et Ashton Carter, ancien secrétaire adjoint à la Défense.

Retrait d'Afghanistan

Cet ancien du Vietnam, réticent à engager l'armée américaine dans des conflits, était arrivé à la tête du Pentagone il y a moins de deux ans. Avec comme mission principale de réduire la voilure et de mener à bien le retrait des soldats américains d'Afghanistan.

Le lancement, début août, d'une campagne de frappes aériennes contre les djihadistes de l'EI en Irak d'abord puis en Syrie voisine ensuite, a profondément changé la donne.

Dans une note interne citée début novembre dans le "New York Times", Chuck Hagel s'interrogeait d'ailleurs sur le bien fondé et les chances de succès de la stratégie du président en Syrie, jugeant que sa position au sujet du sort de Bachar al Assad manquait de clarté.

"Très frustré"

Selon des responsables américains cités par le journal américain, la décision de Barack Obama de se séparer de M. Hagel est liée à sa volonté d'avoir un nouveau profil à la tête du Pentagone pour mener à bien l'opération militaire engagée en Irak et en Syrie. "Les deux années à venir vont demander un autre type d'effort", a souligné l'un d'entre eux sous couvert d'anonymat.

"Je sais qu'il était très très frustré", a réagi le sénateur républicain John McCain, ancien candidat à la Maison Blanche, très critique de la politique étrangère de M. Obama. "Il n'a jamais pu entrer dans le cercle resserré à la Maison Blanche qui prend toutes les décisions".

/ATS


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