Démission du ministre des Finances autrichien

Le chef des conservateurs autrichiens, Michael Spindelegger, quitte ses fonctions de ministre des Finances et de vice-chancelier. Il a également démissionné mardi matin de la présidence de son parti ÖVP, miné par la contestation.

"Je réclame de tous la loyauté et la cohésion, y compris de la part des partenaires du gouvernement", a expliqué M. Spindelegger lors d'une conférence de presse. Son départ ouvre une période d'incertitude pour la grande coalition - de tradition en Autriche - dirigée depuis décembre 2013 par le chancelier social-démocrate (SPÖ) Werner Faymann.

L'ÖVP et le SPÖ sont partenaires de coalition. Ils s'opposent notamment sur la nécessité d'une réforme fiscale. Les sociaux-démocrates plaident depuis de nombreuses années pour l'introduction d'un impôt sur la fortune, ce que les conservateurs refusent.

Dans son propre camp, le chef de l'ÖVP avait été vivement critiqué par trois gouverneurs régionaux (Tyrol, Haute-Autriche et Vorarlberg) qui lui reprochaient une politique d'économies trop rigide. Le gouverneur du Tyrol avait notamment réclamé un allègement de la fiscalité.

"Ceux qui disent qu'il faut une réforme de la fiscalité maintenant ne pourront le faire qu'avec des dettes", a répliqué mardi M. Spindelegger. L'Autriche est endettée à hauteur de 79% de son produit intérieur brut (PIB). La coalition souhaite ramener ce chiffre à 71,5% d'ici à 2018.

Réforme "au bon moment"

Le ministre démissionnaire s'est prononcé pour une réforme fiscale, mais "au bon moment", tenant coûte que coûte à son objectif de réduction des déficits publics et d'un budget à l'équilibre en 2016.

Michael Spindelegger avait repris en 2011 la tête du parti conservateur, alors que le ministre des Finances de l'époque, Josef Pröll, avait annoncé son retrait de la vie politique pour raisons de santé.

Ministre des Affaires étrangères entre décembre 2008 et décembre 2013, il avait pris par la suite le portefeuille des Finances, reprenant l'épineux dossier de la liquidation de la banque en difficulté Hypo Group Alpe Adria.

/ATS


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