Crimes contre l'humanité à grande échelle en Corée du Nord

Des crimes contre l'humanité sont commis à grande échelle en Corée du Nord, a affirmé lundi à Genève une commission d'enquête de l'ONU. Elle demande que la Cour pénale internationale (CPI) soit saisie par le Conseil de sécurité de l'ONU.

"De multiples crimes contre l'humanité, découlant de politiques établies au plus haut niveau de l'Etat, ont été commis et continuent d'avoir lieu en Corée du Nord", affirme la commission d'enquête, qui réclame une action urgente de la part de la communauté internationale pour faire face à la situation des droits de l'homme dans ce pays.

Dans un document de 400 pages, basé sur 80 témoignages directs de victimes et 240 entretiens, elle décrit de manière détaillée les "atrocités innommables" commises en Corée du Nord. La gravité, l'échelle et la nature de ces violations mettent en évidence une situation qui n'a aucun parallèle dans le monde contemporain.

Les crimes décrits dans le rapport impliquent notamment des actes d'extermination, des meurtres, de l'esclavage, des tortures, des viols, des avortements forcés, des persécutions pour motifs politique, religieux ou racial, ou encore le transfert forcé de populations. Le rapport mentionne aussi des "actes inhumains" causant intentionnellement une famine prolongée.

Rejet par Pyongyang

Le rapport a été envoyé avec une lettre au président Kim Jong-un, en soulignant ses responsabilités. Pyongyang en a rejeté les conclusions comme "complètement fausses". "La meilleure manière de montrer que ces témoignages sont faux serait de nous ouvrir les portes", a déclaré le président de la commission Michael Kerby. Pyongyang a toujours refusé l'accès aux experts de l'ONU.

"A la fin de la Seconde guerre mondiale, tant de gens ont dit: nous ne savions pas", a souligné M. Kirby. "Maintenant, la communauté internationale sait. Il n'y aura pas la possibilité d'excuser une défaillance dans l'action en disant: nous ne savions pas", a-t-il ajouté.

Entre 1996 et 2000, près d'un million de Nord-Coréens sont morts de malnutrition. Le document estime que le nombre de prisonniers politiques se situe actuellement entre 80'000 et 120'000 personnes, détenues dans quatre grands camps où la famine est utilisée pour les contrôler et les punir.

/ATS


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