Bangladesh : première comparution du propriétaire de l'immeuble

Le propriétaire de l'immeuble qui s'est effondré mercredi dernier au Bangladesh, faisant 385 morts selon le dernier bilan officiel, a comparu devant la justice lundi. Il a été accueilli aux cris de "pendez-le" par des milliers d'ouvriers du textile qui manifestaient pour réclamer justice.Mohammed Sohel Rana, interpellé dimanche à la frontière indienne, est arrivé au tribunal sous bonne escorte. Il risque des poursuites pour homicide et construction défectueuse.Huit personnes ont au total été arrêtées: le propriétaire de l'immeuble, son père, quatre directeurs d'ateliers et deux ingénieurs. Le père de M. Sohel Rana, Abdul Khalek, désigné comme le propriétaire légal du bâtiment par des documents officiels, a été arrêté lundi à Dacca.Le meurtre et certains types d'homicides sont passibles de la peine de mort au Bangladesh, une sanction réclamée par les quelque 15'000 ouvriers du textile qui ont défilé, selon la police.Conditions de travailCet accident est le pire de l'histoire industrielle du pays qui a fait de la confection textile le pivot de son économie. Il a relancé la polémique sur les conditions de travail dans ce secteur, qui emploie essentiellement des femmes travaillant pour moins de 40 dollars par mois pour des marques occidentales. L'opposition a d'ailleurs appelé à une grève nationale le 2 mai.Des fabricants locaux de vêtements devaient rencontrer lundi à Dacca des représentants des grandes firmes occidentales qui se fournissent au Bangladesh, dont le suédois H&M, l'américain Gap et le néerlandais C&A. Selon l'association des industries du textile du Bangladesh qui rassemble quelque 4500 sociétés, il s'agit de les convaincre de poursuivre leur coopération.L'immeuble abritait cinq ateliers de confection notamment liés aux marques espagnole Mango et britannique Primark, seules enseignes à avoir confirmé leurs relations avec des ateliers du Rana Plaza. Selon le groupe de défense des ouvriers du textile, Clean Clothes Campaign, le britannique Bonmarché, l'espagnol Corte Inglès et le canadien Joe Fresh ont confirmé leurs liens avec ces ateliers. /SERVICE


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