Attaque à Jérusalem: Netanyahu promet une "main de fer"

Deux jeunes Palestiniens armés d'armes blanches et de pistolets ont tué mardi quatre Israéliens dans une synagogue ultra-orthodoxe de Jérusalem. Benjamin Netanyahu a menacé de répondre avec "une main de fer" à cette attaque, la plus importante depuis six ans dans la Ville sainte déjà en proie à des heurts quotidiens.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a sans tarder condamné l'attentat, qui renforce les craintes que le conflit israélo-palestinien ne prenne une dangereuse dimension confessionnelle. Mais il a été violemment pris à partie par le premier ministre israélien et d'autres membres du gouvernement, qui lui en ont imputé la responsabilité.

Bastion du Shass

L'attaque s'est produite peu avant 07h00 dans une synagogue du quartier de Har Nof, à Jérusalem-Ouest, considéré comme un bastion du Shass, un parti ultra-orthodoxe.

Les assaillants, deux cousins, Oudaï et Ghassan Abou Jamal, sont entrés à l'heure de la prière du matin. "J'ai entendu des coups de feu et un des fidèles est sorti du bâtiment en criant 'il y a un massacre'", a indiqué un témoin à la radio.

Les deux Palestiniens ont été tués par les forces de l'ordre, rapidement arrivées sur les lieux. Trois des quatre morts avaient la double nationalité israélo-américaine et le dernier israélo-britannique. Huit personnes ont été blessées, dont une se trouvait dans un état critique.

Attaque saluée par le Hamas

L'Etat israélien a aussitôt lancé la répression. Il a promis de détruire les maisons des deux assaillants, dont une dizaine de membres de la famille ont été arrêtés. Leur quartier de Jabel Moukabber, à Jérusalem-Est occupée et annexée, a été bouclé par la police.

Washington a dénoncé un acte d'une "brutalité insensée", Paris un "odieux attentat". Condamnant également l'attaque, la Suisse appelle les deux parties à s'abstenir de tout acte remettant en cause les efforts pour parvenir à une solution à deux Etats au conflit.

Les deux principaux mouvements islamistes palestiniens, le Hamas et le Djihad islamique, ont salué l'attaque qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat. Ils ont appelé à "poursuivre les opérations".

Suicide ou crime?

L'attentat est intervenu au surlendemain de ce que les Palestiniens ont dénoncé comme un "crime raciste", celui d'un chauffeur de bus palestinien retrouvé pendu dans son dépôt de Jérusalem-Ouest dimanche soir. La police israélienne a conclu à un suicide. Une version contestée par le médecin légiste qui a examiné le corps de Youssef Ramouni, un Palestinien de Jérusalem-Est de 32 ans, père de deux enfants et heureux selon sa famille. Celle-ci a rejeté en bloc la thèse du suicide.

/ATS


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