Afflux d'immigrés à Calais: exaspération et renforts policiers

La France a déployé des renforts policiers pour tenter d'endiguer l'afflux à Calais d'immigrés illégaux cherchant à gagner la Grande-Bretagne. Ce phénomène suscite la colère au sein de la population locale après une recrudescence d'incidents jusqu'au centre-ville.

La concentration d'immigrés africains, asiatiques ou moyen-orientaux et les incidents près des docks sont récurrents à Calais, port français le plus proche des côtes britanniques par lequel transitent chaque jour des milliers de véhicules. Mais "c'est la première fois que des échauffourées se produisent dans Calais même, forçant la police à s'interposer", relève une source policière.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé le déploiement d'une centaine de policiers et gendarmes supplémentaires dans cette ville de 75'000 habitants. Cette mesure porte le total des effectifs mobilisés sur place à 450, un niveau "exceptionnel (...) mais totalement justifié", selon lui.

Ras-le-bol

Pour la maire de Calais, Natacha Bouchart, la situation est devenue "extrême". Etiquetée à droite, l'édile n'est pas seule à dresser ce constat. "Aujourd'hui, nous sommes en situation très très grave", déclare Laurent Roussel, conseiller municipal du petit parti local de la Gauche progressiste.

Ce propriétaire de bar en appelle au président François Hollande "pour venir constater (...) A force de discuter, à force de parler à droite et à gauche, les choses n'avancent pas et les Calaisiens en ont ras-le-bol. Mais vraiment ras-le-bol", s'indigne-t-il.

Un décès

Mercredi, pour le troisième jour consécutif, des bagarres ont éclaté entre des migrants d'origine érythréenne et éthiopienne dans une rue de Calais, où les clandestins viennent s'approvisionner dans des magasins à bas prix. Plusieurs centaines de migrants ont ensuite tenté de prendre d'assaut près du port des camions en attente d'une traversée de la Manche.

Près de la ville, un migrant africain a dû être hospitalisé après s'est blessé en tentant de sauter depuis un pont sur un camion près du terminal d'embarquement pour le Tunnel sous la Manche. Lundi, une Ethiopienne de 16 ans est morte, renversée par une voiture sur l'autoroute qui traverse l'agglomération de Calais.

/ATS


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