Du fruit à la bouteille. La distillerie La Ruelle, à Auvernier, met sur pied des ateliers. La famille Beyeler ouvre ses portes aux particuliers qui peuvent amener leurs fruits pour les distiller eux-mêmes. Il faut assurer une quantité minimum de 40 kilos de pommes, de prunes ou de mirabelles et avoir entamé le processus de fermentation avant de se rendre sur place. Selon Jonathan Beyeler, la façon de récolter les fruits joue un rôle essentiel. « Le travail soigné au ramassage des fruits et à la préparation du tonneau, c’est ce qui va faire le 80% de votre distillation ». L’alambic n’aura pas d’impact sur la qualité, selon lui. « Ça se passe vraiment au verger », dit-il.
Vendredi matin, Diane et Yann, Neuchâtelois d’origine, sont venus de Sonceboz avec 45 kilos de prunes, plus précisément des Damassons rouges. Épaulés par le couple composé de Gaëlle et Jonathan Beyeler, ils se sont lancés dans la distillation de leurs fruits, étape par étape.
Reportage lors de la distillation :
Les deux participants ont déversé leurs fruits dans l’alambic, dont le contenu a été chauffé à la vapeur d’eau dans le but d’en extraire l’alcool. Celui-ci se divise en trois parties, dont seule la deuxième est conservée. Tout commence par les têtes « qui ne sont pas forcément de très bonne qualité et qui ont des odeurs de solvants », explique Jonathan Beyeler. Viennent ensuite le cœur, « là c’est le bon alcool qu’on va réduire et consommer » et, finalement, les queues qui sont des matières plus lourdes.
Une fois le cœur extrait des fruits, il s’agit encore de lui ajouter de l’eau pour obtenir le degré d’alcool souhaité.
« Pour les gens qui viennent distiller avec nous, c’est eux qui vont faire toutes les étapes […] jusqu’à la réduction et la mise en bouteille. »
Vendredi matin, Diane et Yann ont ainsi pu repartir avec leur bonbonne, soit un peu plus de cinq litres de Damassons rouges à 42,5 degrés d’alcool.
Diane : « C’est nos fruits qu’on a récoltés et on voit ce processus de distillation. Je trouve ça magnifique. »
Pour Jonathan Beyeler, l’engouement pour la goutte n’est pas près de s’étioler. « Aux caves ouvertes, on a une partie qui est dédiée aux eaux-de-vie et ça attire toujours beaucoup, beaucoup de monde, mais il faut des alcools de qualité », dit-il. C’est ainsi que les eaux-de-vie régionales auront encore de beaux jours devant elles, à ses yeux. /sbm











